Guinée/Médias : Grincement des dents après l’instauration d’une taxe publicitaire

Dans un communiqué conjoint signé du ministre de l’Économie et des Fiances et son homologue de la Communication, le gouvernement guinéen vient d’instaurer des nouveaux  tarifs appliqués aux prestations et supports publicitaires en République de Guinée à partir du 1er janvier 2018.

La mesure consiste à prélever 10% du prix de chaque spot, communiqué et publireportage qui passeront sur les radios et télévisions privées du pays. Une décision qui suscite des vives réactions chez les professionnels de la Communication :

« Cette nouvelle mesure nous inquiète et cela ne date pas d’aujourd’hui. Paul Moussa Diawara avait voulu nous imposer cette mesure, mais face à la situation qui prévalait dans la cité, il n’avait pas pu l’appliquer. Aujourd’hui, le gouvernement fait un arrêté conjoint pour faire payer 10 % de notre revenu, on va le dire comme ça parce que  la principale source de revenu d’un média, c’est la publicité. Et quand on dit de prendre 10 % sans compter qu’en Guinée, il y a un manque criard de communication de la part des entreprises… Il faut savoir aussi qu’il y a des médias qui vivent exclusivement des poches de leurs patrons, donc c’est une inquiétude qui ne dit pas son nom  et c’est une façon de museler la presse», a déclaré Aboubacar Camara, Directeur général du groupe de presse Gangan, qui appelle les responsables des médias à la résistance.

Poursuivant, le Secrétaire général de l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI) menace de décreter des  journées sans presse, dans les prochains jours :

«Si l’ensemble de la presse guinéenne ne se lève pas, je suis convaincu que ce gouvernement veut la mettre à tapi. Je vais vous dire, on ne pourra plus se laisser faire, nous avons compris que ce n’est pas une volonté pour régulariser les médias, mais plutôt de les fermer. Laissez-moi vous dire que c’est très inquiétant et surtout que nous sommes en période électorale. Nous allons entreprendre des journées sans presse comme on l’a fait avec la HAC», a ajouté  Aboubacar Camara chez nos confrères de mosaiqueguinee.com.

En tout cas, on s’achemine vers un nouveau bras de fer entre autorités et responsables des médias, qui voient de cette décision du gouvernement, une façon d’affaiblir les médias privés en Guinée.

Ibrahima Kourouma, Kababachir.com

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