Guinée : vers la formation d’un gouvernement d’union nationale pour apaiser les tensions ?

Alors que le sort de la présidentielle du 11 octobre est dans les mains des juges de la Cour constitutionnelle, l’éventualité d’un gouvernement d’union nationale est sur toutes les lèvres. Dans les conversations, la question revient sans cesse mais ne fait  pas encore de l’unanimité.

À l’Union des forces républicaines (UFR), arrivée 3e avec un peu plus de 6% des voix, on n’exclut pas d’intégrer la nouvelle équipe gouvernementale, qui sera mise en place si la cour valide les résultats proclamés par la Commission électorale. En attendant, le parti de Sidya Touré dit mûrir sa réflexion. Selon nos sources, bien qu’ayant rejeté les chiffres rendus publics par la CENI, l’UFR ne devrait pas refuser l’offre si elle arrivait être mise sur la table.

Presque même son de cloche à l’Union guinéenne pour la démocratie et le développement (UGDD). Dès après la publication des résultats provisoires globaux, certains cadres de cette formation politique ont exprimé leur souhait de voir la constitution d’un gouvernement incluant toutes les parties.

Au Bloc Libéral (BL), on est un peu plus prudents. Son président Faya Milimono indique que sa formation étudierait le fond et la forme de la proposition qui sera faite avant de prendre sa décision finale. En clair, le parti ne ferme pas sa porte mais prendra le temps nécessaire pour réfléchir au bien fondé de sa participation.

D’autres candidats à la dernière élection n’ont pas encore exprimé leurs positions sur le sujet. C’est le cas du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) de Lansana Kouyaté, qui n’a pour l’heure pas commenté cette éventualité. De même que l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), qui semble être préoccupée par le recensement des anomalies qui ont caractérisé le déroulement du scrutin du 11 octobre. La deuxième formation politique du pays a d’ailleurs décidé de ne pas reconnaître les résultats publiés et de ne pas déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, estimant que la justice est inféodée.

Au sein du RPG Arc-en-ciel aussi, la question fait débat. Selon nos informations, certains cadres du parti s’opposeraient au partage du pouvoir avec «ceux qui ont usé de tous leurs moyens pour rendre le pays ingouvernable» lors du premier quinquennat du président Alpha Condé. À en croire nos sources, des rivalités internes sur le choix du prochain Premier ministre se feraient sentir entre ses caciques. Mais le dernier mot revient au président Alpha Condé qui attend l’arrêt de la Cour constitutionnelle, confirmant sa réélection dès le premier tour.

Ce qui est sûr, c’est que le candidat [re]élu a tendu «la main fraternelle et sincère à tous les Guinéens, où qu’ils se trouvent, indépendamment de leurs convictions politiques, pour écrire ensemble en lettres d’or, ce nouveau chapitre de notre belle histoire commune», dès samedi via sa page Facebook.

Au sein de l’opinion publique, la question ne dérange pas. Pour de nombreux citoyens, tout ce qui peut contribuer à apaiser les tensions et favoriser le développement de la Guinée est bienvenu.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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