Guinée/Environnement : Prise en compte du droit de l’Environnement : l’ONG SEG interpelle l’Etat guinéen

 Face à des échéances majeures pour l’avenir de la Guinée, l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Sauvons L’Environnement Guinéen (SEG), a proposé vendredi, 18 septembre 2015, au Gouvernement guinéen, la prise en compte du droit de l’Environnement. C’était à l’occasion du jour d’élaboration d’un document de plaidoyer.

Forte du thème : « Développement, Environnement et Droits de l’homme », l’ONG SEG estime que les droits de l’homme devraient constituer la « colonne vertébrale » de la politique de développement et de la protection de l’environnement.

Pour mémoire, en septembre 2015, l’ensemble des chefs d’Etats de la planète se réuniront à New York pour définir les objectifs de développement durable et fournir les grandes orientations de l’agenda international dans le domaine du développement pour les 15 années à venir, en mobilisant tous les acteurs.

Aussi, en décembre 2015, Paris recevra la COP21, conférence des parties sur les changements climatiques, dont l’objectif est ‘’l’adoption un accord international sur le climat’’.

C’est pourquoi, en préparation de ces deux évènements, L’ONG SEG a souhaité mener une réflexion approfondie sur les liens qui unissent les questions de développement, d’environnement et de droits de l’homme. L’ONG SEG a également fait le constat dans sa réflexion d’une interdépendance forte de ces trois questions et appelle à en tirer toutes les conséquences.

Cette interdépendance est tout d’abord: « le respect, la protection et la mise en œuvre des droits de l’homme constituant des facteurs d’un développement durable et d’un environnement sain. A l’inverse, les violations des droits de l’homme sont aggravées par le niveau de développement et la détérioration de l’environnement, avec un impact encore plus grand pour les groupes dits vulnérables, notamment les personnes en situation d’extrême pauvreté.

Cette interdépendance est ensuite juridique car, il existe un droit de l’homme au développement et un droit de l’homme à un environnement sain. En outre, plusieurs droits de l’homme ont une dimension environnementale forte. Les droits à l’information, à la consultation et à la participation des personnes prennent une dimension particulière dans ces domaines.

Aujourd’hui, il s’agit d’approfondir l’ancrage du développement et de la protection de l’environnement dans le droit et d’adopter une approche par les droits du développement et de l’environnement.

Cette approche appelle notamment le candidat élu à faire des droits de l’homme le cadre juridique et l’outil opérationnel de sa politique en matière de développement et d’environnement.

Pour l’ONG SEG, les deux processus en cours, se concrétisant dans l’année, devront faire toute leur place aux droits de l’homme et à l’approche par les droits, s’ils veulent être à la hauteur des enjeux : éliminer la pauvreté et protéger l’environnement guinéen.

Si nous rappelons les dispositions de la Constitution guinéenne en son Article 16 : « Toute personne a droit à un environnement sain et durable et a le devoir de le défendre. L’Etat veille à la protection de l’environnement ».

Article 17: « Le transit, l’importation, le stockage, le déversement sur le territoire national des déchets toxiques ou polluants et tout accord y relatif constituent un crime contre la Nation. Les sanctions applicables sont définies par la loi ».

Nous comprendrons qu’il existe bien sûr un lien étroit entre le droit à un environnement sain et les autres droits humains. En fait, il est souvent plus facile d’aborder les problèmes liés à la détérioration de l’environnement qui pourrait affecter le droit à la vie, à la santé, au travail et à l’éducation, entre autres droits. La pollution des rivières et des eaux dans un grand nombre de nos villes a sérieusement affecté la possibilité pour les pêcheurs d’accéder à une vie décente par leur travail traditionnel.

Les problèmes de santé, causés par la pollution de l’air et de l’eau, résultant des effluves d’usines proches (ou lointaines) ont fait l’objet d’une bonne documentation par notre ONG. Il a été prouvé que l’empoisonnement par le plomb dans la peinture, le gasoil et autres substances affecte les capacités intellectuelles des enfants.

En outre, la dégradation de l’environnement causée par les activités économiques est souvent accompagné de violations des droits civils et politiques, incluant l’absence d’accès du public à l’information, de participation des citoyens, de liberté d’expression et d’association.

Il faut noter que notre pays étant en chantier, dans bien des cas où le développement industriel et l’exploitation des ressources (par exemple, les mines et l’exploitation du pétrole) ont un impact sur les communautés, celles qui mettent en question les effets négatifs de l’activité du développement sont sujettes au harcèlement ou à la suppression par le gouvernement ou les autorités responsables des projets.

C’est pourquoi, l’ONG SEG recommande que le gouvernement de reconnaître entre autres : le droit des individus d’avoir accès à l’information courante sur l’État de l’environnement et des ressources naturelles, le droit d’être consultés et de participer aux prises de décisions concernant les activités susceptibles d’avoir un effet significatif sur l’environnement, le droit aux recours et aux réparations légales pour ceux dont la santé ou l’environnement ont été ou peuvent être sérieusement affectés.

Par ailleurs, l’ONG SEG exige :

« La mise à disposition des ressources et mécanismes financiers; e transfert de technologies saines vis-à-vis l’environnement; el soutien de capacités endogènes de développement; l’éducation et la prise de conscience; le développement d’instruments légaux exécutoires; l’évaluation de l’impact sur l’environnement et l’information et des outils pour mesurer les progrès. »

Mamadouba Camara, correspondant Kababachir.com à Dabola

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.