Hausse de la RTS : sacrifier le ministre du Budget pour se sauver

Le jeu était déjà connu : il fallait se décharger sur le ministre du Budget pour sauver sa tête devant les syndicalistes, alors hérissés suite à la hausse de la RTS, votée récemment par les députés. Alpha Condé dont les engagements sociaux risquent de chauffer à partir de 2018 n’entend pas affronter une autre grève.

C’est pourquoi, il a tout nié. En même temps, il fait comme si son ministre ne lui en a pas parlé auparavant, avant de se mettre devant les députés pour faire adopter la Loi des finances initiales 2018. Dans laquelle loi, les fonctionnaires sont appauvris.

Au micro de nos confrères d’africa Guinée, Amadou Diallo de la CNTG et sa bande menaçaient de secouer le pays au cas où la RTS se serait accrue. Mais, visiblement, il y a eu beaucoup plus de peur que de mal : « On a pris les dispositions en rencontrant le Chef de l’Etat à ce propos. Lui-même était surpris de n’avoir pas été informé en amont. Alors il a immédiatement pris des dispositions en nous mettant en rapport avec le ministre du budget. Et sur instruction du Chef de l’Etat il a demandé à ce qu’on sursoit à la mesure. Elle sera mise en veilleuse en attendant qu’elle soit bien négociée. Donc aucune application ne sera faite sur les travailleurs. »

Alpha Condé voulait juste tenter de berner les syndicalistes, malheur lui en a pris. Il oublie que cette histoire de RTS est un acquis du syndicat. « En matière de négociations, si on obtient un acquis, il doit être préservé. Un acquis en matière syndical, si on ne l’améliore pas, on ne peut pas le diminuer », souligne Amadou Diallo de la CNTG. Alpha Condé dont le budget a été augmenté encore pour 2018 voulait se jouer des syndicalistes. C’est raté. Lui qui contrôle tout, ne saurait convaincre quelqu’un qu’il n’était pas au courant du passage de son ministre du Budget au Parlement.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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