Histoire des Mandingues de la Sénégambie

L’histoire des mandingues de l’Ouest Atlantique, notamment de la Guinée-Bissau, du Sénégal et de la Gambie n’est pas suffisamment étudiée et la tradition orale demeure la source essentielle des chercheurs. Les traditions attribuent les premières migrations mandingues à Tiramakhan Traoré (Chef de guerre de Soundjata Keïta, Roi de l’empire du Mali entre 1235 et 1255), suite à la conquête du Kabou, de la Gambie et d’une grande partie du Sénégal.

Les descendants de Tiramakhan se nomment les « niantio », Mané et Sané. Ils auraient fondé la plupart des royaumes de la Sénégambie dont le plus grand était le Kabou situé à cheval entre la Guinée Bissau, la Guinée, la Gambie et le Sénégal. Ce royaume domina toute la région depuis Farim en Guinée Bissau jusqu’à Niamina (près de Badibu) en Gambie.

Les zones de peuplement mandingue en Gambie (Niomi – Badibu – Niani – Wouli – Kiang – Kombo – Diara – Bambouck) et au Sénégal (les régions de Kolda, Ziguinchor, Tambacounda, Fatick, et Thiès) sont le résultat de l’expansion mandingue qui atteignit les plaines du Djolof et du Cayor ».

Dans le courant du XIVe siècle, les Guelewars s’installent dans les plaines du Sine et du Saloum, provinces de l’empire du Djolof qui s’étendait alors du fleuve Sénégal aux rives de la Gambie. Le Sine, le Saloum comme les autres régions avaient déjà connu des mouvements migratoires d’ampleur variable. De petites colonies mandingues ou « socé » étaient généralement fixées dans les secteurs salubres et en communication avec le reste du pays.

On les trouvait, pour ce qui nous intéresse, le long du littoral entre Bargny et Mbour. C’est de cette première vague de colonisation mandingue que proviennent, semble t-il, les villages de Gandial, de Malicounda et de Sali. D’ailleurs, les légendes Sérères et mandingue rattachent la dynastie princière des Guelewars du Sine à Mansa Wali Dione Mané.

Ainsi selon L. Aujas « des guerriers de race mandé, venant de Gabou, chassée de leur pays partisans d’origine à la suite de guerre intestine, s’enfuirent avec leur partisans, s’infiltrent en Basse Casamance, pénétrèrent en Gambie. Ils franchirent le fleuve du même nom, traversèrent le Rip, occupèrent le village de Coular, dans le Niombato, s’élancèrent au delà du Saloum et envahirent le Sine. Ils s’emparèrent du village de Mbissel, près de Joal, où ils allèrent et dont ils firent leur capitale. Le premier prince dont le nom fut transmis par la renommée est Maïssa Wali Dione.

Les Sérères, vaincus firent leur soumission ». Un fait est tout cas sûr, selon le professeur Mbaye GUEYE « c’est l’ existence du contact et du métissage des Sérères et des Mandingues surtout des régions limitrophes comme le Niomi et le Badibu.

L’origine de la présence mandingue en Casamance n’est pas encore déterminée de façon précise. Ainsi les traditions orales recueillis par le professeur Sékiné Mody CISSOKO , les Malinkés sont venus du kabou pour pénétrer en Moyenne Casamance où ils se sont opposés au Bainunk.

Le Pakao apparaît à travers les traditions comme la première zone d’implantation. Les quatre premiers villages mandingues seraient Jana-ba, Diama, Karantaba et Darsilame. Tous portent des toponymes d’origine islamique. Ce qui porte à penser vraisemblablement que ces villages sont créés par des lettrés musulmans. Cela est confirmé par les habitants de Karantaba et de Udukar. En effet, le fondateur du village de Karantaba est Fodé Ba Dramé d’origine Sarakolé et celui de Udukar est Boubacar Silla, un diaxanké venu du Boundu.

L’arrivée des immigrants date du XVIIe siècle selon deux itinéraires : l’une des bords du Niger, après la chute du Mali au XIVe siècle, l’autre du Kabou dont les habitants se sont dispersés dans toute la Casamance surtout après la bataille de Tourban Kansala (1867).

D’autres peuplements mandingues sont signalés par l’histoire aux alentours des régions de la haute Gambie (dans l’actuel département de Kédougou), soit au point de vue historique, les régions de Niokolo, du Bélédougou (centre de Kossanto), du Sirimana (Balakonko), du Dantila (Saraya), du Bademba (Bandafassi), et des Bassari (Ethiolo).

Le peuplement de ces régions par les mandingues remonte à l’époque de Soundiata, au XIIIe siècle. Les Cissé y fondèrent le CISSELA, qui perdit ce nom pour s’appeler SIRIMANA lorsque les Cissé reconnurent comme roi un nouveau venu du Manding, un conquérant nommé Dansiriman.

Au temps de Koli Tinguela, au XVIe siècle, se sont installés, dans ce qui deviendra le DATILA (du nom d’un célèbre chasseur de « dan » – les buffles – qui devint roi du pays), les Samoura se sont installés dans la région de Satadougou. Au Sud du NIOKOLO, se sont installés les familles Keïta, les Sadiogo ou Sadiakhou, les Soukho, les Soumaré, les Kamara et les Danfaka.

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