INSECURITE A KANKAN : L’aveu d’impuissance de Williams Fernand

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Le week-end dernier, le procureur général près la Cour d’appel de Kankan a fait une sortie qui se singularise par la contradiction qui en ressort. En effet, dans le contexte des violences récurrentes qui ont émaillé la cité de Nabaya et qui n’épargnent pas l’ensemble de la région de la Haute Guinée et face aux critiques qui pleuvent au sujet de l’apathie de la justice, Williams Fernandez a voulu faire montre de fermeté. Mais en définitive, il n’a réussi à faire étalage de son impuissance face l’insécurité généralisée.
« Désormais, le premier jeune qui, quand il y aura des infractions ou quand il y aura des faits à Kankan, va se lever pour venir à la justice, je vais commencer par l’arrêter ainsi que toute sa bande », c’est en substance le message que Williams Fernandez a voulu faire passer. Il voulait dissuader les jeunes qui, ces derniers temps, agacés par l’impunité dont jouissent les criminels ou par le lent traitement des dossiers, s’en sont pris notamment à des prisons en vue de saisir les présumés auteurs de tel ou de tel autre crime ou infraction pour leur administrer la sanction populaire.
Mais le procureur général n’a pu s’empêcher d’avouer qu’en réalité, au-delà des discours de fermeté et des bonnes intentions, lui et la justice sont plutôt limitées par la précarité des conditions. Ainsi, a-t-il confessé : « Si ça ne tient qu’à nous, chaque jour on peut faire des audiences. Mais, une cour d’assise, il faut avoir des moyens. Sinon, j’ai des dossiers prêts pour Kankan, j’ai des dossiers prêts pour N’Zérékoré, j’ai des dossiers prêts pour Faranah. Mais parce que je n’ai pas les moyens, je ne peux pas organiser des cours d’assise. Si aujourd’hui, on me donne l’argent, demain c’est à Batomba ou dans une autre salle qu’on va organiser la cour d’assise de Kankan. Les dossiers sont prêts ».
On ne peut non plus s’empêcher de se demander pourquoi alors tout le bruit ? Quelle est la quintessence des menaces de Williams Fernandez ? Ces questions étant encore plus pertinentes avec cet autre extrait évocateur :
« Les gens (doivent) comprendre que le fonctionnement de la justice aussi obéit à certaines exigences. Des exigences qui ne dépendent pas forcément des magistrats. Il y a des exigences financières qui dépendent de l’Etat. Et vous savez que l’Etat guinéen a beaucoup de contraintes, beaucoup d’obligations. C’est un Etat qui a aujourd’hui des difficultés sur certains plans, surtout sur le plan financier. Donc, si nous on doit bien travailler, on va au rythme de l’Etat ».
 Après un aveu aussi clair, on ne devrait plus en vouloir à ceux qui recourent à la justice populaire.
Anna Diakité, www,kababachir,com

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