Jonas Mukamba Diallo :le désastre des marchés publics !

Certains le soupçonnent d’être parachuté à l’ARMP pour infliger à cette institution de régulation, un coup de grâce, avec une manière bien subtile, sans pour autant s’attirer les foudres des bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale et l’Union européenne. D’autres voient dans l’arrivée de Jonas Mukamba Kadiata Diallo – c’est de lui qu’il s’agit – à la tête l’ARMP le symbole même de la complaisance, de l’amateurisme et du copinage du président Alpha Condé.

 

L’un ou l’autre cas, l’actuel patron de la régulation des marchés publics ou de ce qui en reste – des vestiges institutionnels abandonnés depuis mai – est actuellement perçu chez nombreux acteurs de la commande publiques favorables à la réforme, comme étant un réel désastre pour le système des marchés publics. En cause : le fusible qui dissuadait les petits malins de la Direction nationale des marchés publics et ceux des Grands projets a volé aux éclats. Il s’agit notamment de la présence des observateurs indépendants délégués et formés à cet effet par l’ARMP sous la gestion de Guillaume Curtis, pour assister aux ouvertures des plis et aux évaluations des offres.

 

Selon des sources dignes de foi, la présence de ces ‘’gendarmes’’ n’ayant ni voix consultative, ni voix délibérative dissuadait plus d’un au cours de la passation des marchés. Aujourd’hui, huit mois après son arrivée, plus personne ne semble connaitre le nombre de marchés passés sans la moindre présence de l’ARMP, parce que tout simplement, la machine ARMP est bloquée par Jonas Mukamba Kadiata Diallo sous prétexte qu’il restructure la maison, en tranchant la gorge d’un personnel – avec des contrats tenez-vous bien, à durée indéterminée – qu’il ne veut vraiment pas voir sous ses bottes et qu’il ne semble pas régler selon la législation guinéenne du travail. L’ARMP est donc immobilisée, clouée, etc., pour ne pas dire euthanasiée et mourante.

 

Cette situation de léthargie voulue et entretenue provoque de graves irrégularités surtout quand on sait que la sédentarisation des cadres impliqués dans la passation et le contrôle jette un doute sur la sincérité du système constitués d’affairistes. Les mauvaises pratiques que combattaient Guillaume Curtis se sont davantage fertilisées. Qui a dit que le roi est mort et vive le roi ! L’indifférence avec laquelle la régulation des marchés publics est menée devrait interpeller bailleurs de fonds et société civile. Une société civile qui occupe une place de choix dans le Conseil de régulation, organe décisionnel de l’ARMP.

 

Qui sait vraiment aujourd’hui combien de marchés ont été passés sans le moindre droit de regard de l’ARMP ? Des milliards sont ainsi brassés au compte de particuliers bâtis sur des réseaux maffieux. Le haut-perché de l’ARMP trouve tout cela normal, parce que, selon certains agents de la boîte que nous avons rencontrés, jusqu’à présent, les choses sérieuses n’ont pas encore commencé. L’heure est aux règlements de comptes et au positionnement des hommes venus sous la coupole de Jonas MukambaKadiata Diallo. Le désastre est patent et, visiblement, personne ne pipe mot.

 

Les travailleurs eux, jusque-là silencieux, dépités et désabusés occupent désormais les radios et mènent en même temps, d’autres démarches pour rentrer enfin dans leurs droits légitimes: 8 mois d’arriérés de salaires dans une institution muette comme une carpe. « Qu’il nous paie et qu’il ferme l’ARMP s’il veut », pestait, samedi un travailleur rencontré autour d’un pot, dans une chaude boîte de nuit, à Conakry. Histoire de noyer les soucis…

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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