Kankan : Que pense l’opinion locale de la date du 28 septembre ?

La date du 28 septembre, rappelle beaucoup de souvenirs aux citoyens guinéens où qu’ils se trouvent. Du ‘’non’’ au référendum Gaulliste de 1958, synonyme d’envol vers une indépendance totale du pays pour bon nombre de citoyens, au massacre du 28 septembre 2009, les guinéens ont le plus souvent du mal à se positionner. Dans la circonscription de Kankan, notre correspondant s’est entretenu avec de nombreuses personnes, qui ont vécu les évènements et ceux à qui les faits ont été transmis.

En cette journée mémorable du 28 septembre 2017 à Kankan, les débats ont été largement faits de vibrants témoignages et de polémiques parfois.

El Hadj Alpha Doukouré, agent bibliothécaire en service au lycée 3 avril de Kankan, ex membre de l’orchestre des 22 bands, se souvient qu’en cette période, un homme faisait trembler la France métropolitaine.

« Le camarade Ahmed Sékou Touré, a eu l’audace et le courage, du haut de la tribune du centre culturel Guinéen, de dire non à la domination française. Il a dit qu’il n’y a pas de dignité sans liberté et que nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage. Le général De Gaulle en retour, visiblement pénétré par cette affirmation, affirme que la France ne fera pas obstacle à cette indépendance de la Guinée mais qu’elle devra en assumer les conséquences éventuelles. Aussi Sékou déterminé comme jamais, va se diriger vers les Etats communistes pour compenser le départ de la France ».

A en croire ce témoignage du doyen El Hadj Alpha Doukouré, qui avait 28 ans en 1958, l’accord des 20 milliards de dollars US signé entre la Chine et la Guinée, est bien la preuve illustrative, que ce revers de la Guinée vers les Etats communistes reste encore d’actualité. « Alpha Condé a dit, qu’il a pris le pays, là où le camarade Ahmed Sékou Touré l’a laissé ». a-t-il souligné pour terminer.

Alors que d’aucuns accusent le leader communiste, Camarade Ahmed Sékou Touré d’avoir occasionné le retard de la Guinée dans son processus de développement par cet acte, Sacko Tiranké Ibrahima Kalil, enseignant-chercheur au département d’histoire de l’université Julius Nyerere de Kankan, réfute en bloc toute idée selon laquelle ce ‘’non’’ serait à l’origine d’un quelconque retard de la Guinée.

« En tant qu’historien, je vous dirai que ce non était un non libérateur.  Il ne peut nullement être à la base du retard de la Guinée. Même s’il faut reconnaitre qu’il a été mal interprété notamment par la métropole. Après le référendum, la France a combattue tous les intérêts guinéens. Elle est allé jusqu’à s’opposer à notre adhésion au concert des nations. Notre place a à L’ONU (Organisation des Nations Unies), a été négocié par la Chine et la Russie ».

Par ailleurs, les évènements du 28 septembre 2009, au stade du même nom à Conakry ont donné une autre signification à cette date. Tueries, massacres et viols, le bilan a été catastrophique. Ce qui mitige le sentiment de Diallo Abdoulaye étudiant en sociologie, qui a vécu ces tragédie en direct dans la capitale.

« Au-delà de tout ce qu’on dit, mois je trouve que le bon souvenir de cette date se limite en 2009. Aujourd’hui, c’est aussi l’anniversaire d’une barbarie Guinéenne.  Des guinéens qui ont tués, qui ont violées et qui ont pillé d’autres guinéens. C’est cette image là surtout que je garde du 28 septembre ».

Eventuellement, il réclame aussi  des autorités judiciaires du pays, des résultats probants sur  le dossier du massacre du 28 septembre et que les auteurs soient condamnés.

A noter aussi que de nombreux observateurs à Kankan, sollicitent, pour la conservation des acquis historiques et pour la mémoire des victimes du 28 septembre 2009, que chaque journée du 28 septembre soit décrétée jour férié, chômé payé, sur toute l’étendue du territoire national.

Cheick-Sékou Berthe, Kankan www.kababachir.com

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