La Cour des comptes se fait voix: un contrexemple appelé Mohamed Diaré

Elle se fait enfin voix, à travers un rapport annuel présenté au président de la République et au président de l’Assemblée nationale. La Cour des comptes est pourtant tout sauf ce qu’elle devrait être. En cause : l’homme qui la gère est un ancien ministre de la République, qui plus est, celui de l’Economie et des finances, ordonnateur du budget.

Mohamed Diaré, l’homme effacé, taciturne est un proche du président. Après un vent d’incompréhension à un moment donné, l’ex ministre du Budget, puis de l’Economie et des finances a été parachuté en janvier 2016 à la tête d’une Institution républicaine appelé Cour des comptes. Dans le document remis au législatif et à l’Exécutif, de gros scandales orchestrés par des hauts commis de l’Etat, notamment dans les marchés publics.  Un hiatus tout de même. En reprenant les mêmes pour recommencer, Alpha Condé crée la nébuleuse, l’opacité autour des cadres qui ont géré les affaires publiques : ‘’Tu as volé, viens te cacher-là’’.

Mohamed Diaré, ex-ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances est, on le sait, soupçonné d’être à la  tête de nombreux marchés publics  louches- des entreprises lui appartenant portent des faux noms. Il lui avait même été interdit de sortir des fonds au-delà de 200 millions GNF.Une histoire des propriétés achetées en France ou offertes par des particuliers comme cet appartement d’un million d’euros offert par KPC en contrepartie de marchés de gré à gré est restée en travers la gorge de bien des Guinéens. Ce n’est pas tout : des indiscrétions font état aussi d’un patrimoine acheté au nom de sa douce moitié, à quelque 765 mille euros dans la banlieue parisienne. L’acte notarié est disponible. D’où vient cet argent ? Avec le salaire du ministre avoisinant 20 millions GNF ?

Selon des indiscrétions émanant de la Direction nationale des marchés publics, Mohamed Diaré avait des entreprises qui concourraient à la commande publique. Or, l’article 51 du Code des marchés publics le lui interdit. Pourtant, entre 2013 et 2015, 1 544 marchés avaient été passés. 1 167 en ont été les bénéficiaires. Parmi ceux-ci l’entreprise de Diaré (Nous reviendrons en détails sur cette fameuse entreprise). Seul en 2015, cette structure a bénéficié de 5 marchés pour un montant TTC/GNF estimés à 66 816 616 295.

Auparavant, la même société avait décroché, selon toujours des indiscrétions de la DNMP, 8 marchés en 2014 pour un montant 31 850 665 148.  Le total des marchés (15) est estimé : 99 689 801 443 GNF. Etant entendu que l’entreprise avait ajouté à sa dénomination un U, c’est-à-dire Sarl U (Société à responsabilité limitée unipersonnelle). Aujourd’hui, c’est cet ancien prédateur qui est président de la Cour des comptes et qui entend faire des rapports sur des scandales financiers. Plutôt aberrant !

 

Jeanne FOFANA, Kababachir.com

 

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