La culture guinéenne en deuil: L’artiste Mory Kanté n’est plus !

L’artiste guinéen Mory Kanté est décédé ce vendredi 22 mai à Conakry, a appris votre quotidien électronique de sources concordantes.

L’auteur de la célèbre chanson  « Yéké Yéké »  nous quitte aujourd’hui à l’âge de 70 ans, laissant un héritage culturel inépuisable. Cette disparition est une grande perte  pour la culture guinéenne.  

Pour rappel, c’est en 1950 que Mory Kanté voit le jour dans un petit village au sud de la Guinée. A 21 ans, il intègre le Rail Band de Bamako où il retrouvera Salif Keita au chant qu’il remplacera deux ans plus tard. En 1978, il s’installe à Abidjan,  quitte le Rail Band et connaitra d’autres musiciens. C’est de là qu’il va allier les sonorités africaines à celles occidentales. Il interprète les sons de Barry White en y mêlant le flow traditionnel. Ce style va commencer à intéresser les grands noms de la scène musicale internationale. C’est à Los Angeles, en 1981 que Mory Kanté enregistrera son premier album « Courougnégné ». 

« Yéké Yéké » est, en effet, l’adaptation d’une danse festive traditionnelle, au rythme appuyé, pratiquée dans le village de Mory Kanté. Ce titre va bénéficier, dans sa nouvelle version, d’une production Dance Pop soignée. Ici, la section cuivre est pleinement déployée, les accords de la kora électrique et la voix  perçante et puissante de l’artiste apportent à cette chanson  un nouveau genre musical. Les bases de la World Musique sont alors jetées.

Il faut dire que Mory Kanté a colonisé une grande partie du globe avec « Yéké Yéké »,  plus d’un million de 45 tours et plus de cinq cent mille 33 tours vendus. Le griot a vu l’interprétation de  sa chanson en anglais, espagnole, hébreux, arabe, chinois, portugais. La chanson a également été transformée en sonnerie de téléphone et certains festivals en Europe portent le nom de « Yéké Yéké » en l’honneur à l’Afrique. En 2000, un remix de ce tube va être enregistré pour la bande originale du film « The beach » de l’acteur Léonard Di Caprio.

« Enfant, j’ai connu trois écoles : celle des Blancs, jusqu’au collège ; celle du Coran ; et celle de la tradition orale, qui passait par beaucoup de contes et m’a permis d’apprendre les chants du répertoire, la pratique des instruments (balafon, guitare, tambour tama, kora…) et l’histoire du pays mandingue», expliquait Mory Kanté. C’est sans doute la résultante de ces trois écoles qui justifie la réussite de ce griot hors pairs sur l’échiquier international.

A cette douloureuse occasion, la rédaction de Kababachir.com présente ses condoléances à la famille éplorée et au monde la culture guinéenne.

Que l’âme du défunt repose en paix

Amen !

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