Labé : le calvaire des étudiants en cette période de ramadan

Certains étudiants du centre universitaire de Labé situé à vingt-deux kilomètres du chef-lieu de la région administrative éprouvent d’énormes difficultés en cette période de ramadan. Avoir de la nourriture pour la rupture, est un véritable parcours de combattant.

 Il est l’heure de la rupture dans le campus  universitaire,  proche de la résidence du sous-préfet d’Hafia, il héberge en son sein  une centaine d’étudiants dont des musulmans qui se jeûnent dans des conditions extrêmement atroce.

‘’Nous avons un sérieux problème en ce qui concerne le manger’’

Bangoura Abdoulaye étudiant en lettre moderne et secrétaire de la section de l’association des élèves et étudiants musulmans de Guinée (AEEMG), nous fait la peinture de la situation : «  Nous vivons quand même d’une situation extrêmement difficile, parce qu’ils nous ont pas donné d’abord les bourses d’entretien, le peu d’argent que nous avons, c’est avec ça que nous faisons la préparation. On se réuni au moment de la rupture on mange (ensemble) parce que, il en aura d’autres qui n’auront rien à manger. Nous avons un sérieux problème en ce qui concerne le manger. »

‘’Personnellement je mange à quatre heures du matin de fois’’

Certains parmi eux se lèvent à quatre heures du matin pour manger, ce, pour pouvoir affronter la journée de pénitence. Par contre, d’autres n’auront  que le ventre plat pendant toute la journée , déplore  Thierno Mamoudou Diallo étudiant en sociologie.

« Personnellement je mange à quatre heures du matin  de fois,  mais il y a certains qui filent vers ma cabine en me demandant de l’eau chaude ensuite ,s’il y a du reste de pains avec moi  je les assiste sans pour autant parler à quelqu’un. Vraiment, il y a certains qui vivent dans une situation très difficile. »

‘’ Nous mangeons des repas que nous n’avons pas l’habitude de manger’’


Dans cette situation peu orthodoxe, on y rencontre également  des étudiantes qui visiblement sont animées par un  sentiment de désespoir.

« Pour avoir de l’eau c’est tout à fait un problème. Une bonne sauce ici pour la rupture franchement ce n’est pas facile.  Sur le plan du poisson, de l’huile… c’est très cher. Ça nous touche beaucoup, parce que nous mangeons des repas que nous n’avons pas l’habitude de manger. » Argue une étudiante assisse dans son lit, cabine six, pavillon deux.

‘’Il y a des gens parmi nous, s’ils mangent à 19 heures, c’est demain aussi à la même heure’’

 

Parfois le problème alimentaire est secondé par celui de la religion, comme le rapporte Diakité étudiant en langue arabe  et responsable religieux du campus.

« Il y a des chrétiens ici mais aussi des musulmans. L’autre fois, il y avait eu un conflit. Ils (les chrétiens)  nous ont dit de ne pas prier au salon, mais aujourd’hui par la grâce de Dieu la donne a changé. Toutefois nous prions ici, il n’y a pas de nattes ni rien, c’est un peu difficile. Il y a des gens parmi nous, s’ils mangent à 19 heures, c’est demain aussi à la même heure.»

Appel à l’aide

Ces étudiants qui se sentent abandonnés voire même oubliés  par l’Etat guinéen, sollicitent  un soutien de tout un chacun pour terminer dans une situation plausible  le ramadan, c’est dans cette optique qu’ils ont rendu public ce communiqué.

 

Sally Bilaly Sow, correspondant www.kabanews.com à Labé.

 

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