Labé : la propriétaire d’un maquis tabassée par des jeunes

Comme nous annoncions dans une de nos précédentes dépêches, les jeunes du secteur de Dombi, quartier Daka ont saccagé un deuxième maquis situé dans leur secteur. Ces jeunes accusent les maquisards de loger des bandits qui sèment la terreur dans cette localité du Nord-est de la commune urbaine de Labé.
Ces jeunes n’ont rien épargné dans leur passage. Un des responsables de la jeunesse du secteur se dit surpris de la réaction de ses pairs, mais toutefois exprime son soutien : « J’étais au marché lorsqu’on m’a appelé pour m’informer que les jeunes ont saccagé le bar de Binta. Ce n’était pas dans notre programme. Je suis de cœur avec eux quand même, parce qu’ils ont la volonté de débarrasser le secteur des débits de poissons qui constituent des nids de bandits ».
Selon, lui les jeunes n’ont reçu aucune consigne pour saccager les lieux : « Nous avons piqué une colère noire contre ces maquisards, aucun responsable religieux n’est derrière cette affaire. C’est une initiative des populations de Dombi dans leur ensemble. Labé est une ville à 99 % peuplée de musulmans, nous sommes décidés à débarrasser la ville des maquis ». Promet-il.
Tabassée et Ensanglantée par la foule, la propriétaire du maquis Fatoumata Binta Diallo a accusé les autorités de Labé de ne rien faire pour la sauver ainsi que son maquis : « Nous avons informé les autorités que nous étions menacés par les jeunes avant qu’ils ne viennent saccager mon entreprise. Quand ils sont venus, c’était déjà fermé. Mais comme c’est ici aussi que j’habite, je ne pouvais pas abandonner ma concession. C’est ainsi qu’ils ont venu piller, saccager et voler mes biens. Les autorités sont derrières  eux, sinon pourquoi les services de sécurité ont  refusé de venir nous secourir ? S’interroge-t-elle. Avant de renchérir avec un ton très pathétique : « Regardez mon corps, ils m’ont tabassé à l’aide des bâtons et des cailloux. Je suis ensanglantée ».
Aux dires de la victime, le bilan est incalculable : « Je ne peux pas vous dire exactement tout ce que j’ai perdu. Il y avait de l’argent dans les tiroirs, mon congélateur, ma télévision, mon groupe électrogène. J’avais aussi de la marchandise à l’intérieur, c’est pour vous dire qu’ils ont tout emporté ».
Aux dernières nouvelles, les maquisards réunis au sein d’une association sont en concertation pour trouver des voies et moyens auprès des autorités pour mettre fin à cette pratique devenue récurrente dans la cité.
Sally Bilaly Sow correspondant kabanews à Labé

 

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