Lafarge en Syrie : trois cadres mis en examen pour financement du terrorisme

Trois cadres du cimentier Lafarge, soupçonné d’avoir indirectement financé des organisations djihadistes – dont le groupe Etat islamique – pour se maintenir en Syrie malgré la guerre, ont été mis en examen ce vendredi 1er décembre.

Bruno Pescheux, directeur de l’usine de 2008 à 2014, et Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, ont été mis en examen pour « financement d’une entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Frédéric Jolibois, directeur du site à partir de l’été 2014, avait été mis en examen un peu plus tôt dans la journée.

Transfert d’argent à Daech 

Le dossier est hors norme : le groupe, qui a fusionné en 2015 avec le Suisse Holcim, est soupçonné d’avoir pactisé avec l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi, derrière les attentats les plus meurtriers commis en France ces dernières années, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 son usine de Jalabiya (nord de la Syrie).

Lafarge est soupçonné d’avoir fait transmettre de l’argent à l’Etat islamique en échange de l’obtention de laissez-passer pour ses employés et de s’être, sous couvert de faux contrats de consultants, approvisionné en pétrole auprès de l’organisation, qui avait pris le contrôle de la majorité des réserves stratégiques du pays à partir de juin 2013.

Entendu une première fois début 2017 par les douanes judiciaires, Frédéric Jolibois avait reconnu avoir acheté du pétrole à « des organisations non gouvernementales » notamment kurdes ou islamistes, en violation de l’embargo décrété par l’Union européenne en 2011.

(Avec AFP)

L'Obs
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