L’alliance sacrée de la Zanu-PF et de l’armée douche les espérances de l’opposition au Zimbabwe

Le président Emmerson Mnangagwa a nommé deux fidèles haut gradés dans le nouveau gouvernement : les généraux Perence Shiri et Sibusiso Moyo.

Emmerson Mnangagwa, le nouveau président par intérim du Zimbabwe le jour de sa prestation de serment à Hararé, le 24 novembre 2017.

Crédits : Siphiwe Sibeko/REUTERS

Pour ceux qui, au Zimbabwe, avaient espéré que le départ de Robert Mugabe déboucherait sur une forme de gouvernement de coalition ou d’union nationale entre le pouvoir demeuré aux mains du parti de l’ex-président, la Zanu-PF, et les forces de l’opposition – à commencer par celles du MDC de Morgan Tsvangirai –, le coup est brutal. Fini les illusions : l’annonce du premier gouvernement zimbabwéen post-Mugabe n’est, au mieux, qu’une union nationale entre l’armée et les piliers de la Zanu-PF, les fidèles d’Emmerson Mnangagwa, le nouveau président, ou les ralliés de la dernière heure. Le secrétaire général du MDC, qui plaidait encore quelques jours plus tôt pour la mise en place d’un « mécanisme de transition », est sèchement renvoyé dans les cordes. Le gouvernement d’Emmerson Mnangagwa est celui du contrôle du pouvoir, pas du partage.

Parmi les ministres nommés, vendredi 1er décembre, par le nouveau chef de l’Etat, qui s’est engagé à redresser l’économie du pays lors de son discours d’investiture, une semaine plus tôt, les sept nouveaux venus sont des poids plume, comme le professeur Amon Murirwa, professeur de l’université du Zimbabwe. Certes, le nombre de membres du gouvernement passe de 32 à 21, mais s’il y a là un gouvernement d’union nationale, il fédère seulement l’armée et la Zanu-PF. Le tout, ancré dans de vieilles complicités.

Répression des années 1980

Deux généraux entrent dans ce gouvernement. Le général Perence Shiri, dont la casquette de commandant de l’armée de l’air était apparue à plusieurs reprises dans les séquences de négociations avec Robert Mugabe, mais aussi le général Sibusiso Moyo, qui avait lu le communiqué, au petit matin du 15 novembre, pour expliquer que les blindés dans les rues de Hararé n’avaient pour vocation que de « corriger » certaines dérives et mettre fin aux activités de « criminels », un verbiage qui renouvelle le vocabulaire des coups d’Etat, mais ne change rien…

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