L’Armée patrouille à Conakry : faire fuir les investisseurs ?

La présence de l’Armée dans l’Axe, une zone essentiellement favorable à l’opposition – mais malmenée, abusée, désabusée, abattue et dont les fils sont tués comme des canards sauvages –intrigue et fait jaser. Si c’est pour le maintien d’ordre public, la police et gendarmerie sont dédiées à cet effet.

L’Armée c’est de sécuriser les frontières ou sauvegarder les acquis de la République si le pays est en guerre. Pour le cas précis, à Wanindara, zone qui a été de plus éprouvée paie le plus lourd tribut avec l’installation d’un camp au grand rond-point, dit T5. Aucun investisseur sérieux ne sera rassuré avec cet état de siège, des militaires armés jusqu’aux dents, en alerte.

Le gouvernement, en optant pour le forcing dans le retour au calme dans l’Axe, se fait du mal. Il chasse plutôt ceux qui veulent investir en Guinée. Le climat que renvoie cette présence très remarquée d’hommes habillés est loin de rassurer. Les populations sont assiégées, terrifiées. Cela rappelle les derniers jours de Lansana Conté avec des états de siège, des couvre-feux, etc.

Pour rappel, c’était devant les journalistes dans les locaux du Ministère de la sécurité et de la protection civile que le contrôleur général de la police, Mamadou Camara avait annoncé: «Des patrouilles mixtes, police, gendarmerie et armée, s’effectueront sur les principaux axes de Conakry. » C’est ce qui est faux. Ce n’est pas sur tous les axes de Conakry. Mais juste au niveau des zones favorables à l’opposition. Hamdallaye, Kipé, Kaporo, Yimbaya, Gbessia, Bonfi, etc., il n y a pas l’ombre d’un militaire.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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