Le ministre des Transports égratigne Dalein pour échapper aux critiques

Il est sujet à tous les tirs croisés : hommes politiques, acteurs de la société civile, simples concitoyens. Le ministre des Transports aura fort à faire pour faire passer l’amère pilule (Le PAC aux Turcs) au sein de l’opinion.  Pour se tirer d’affaire, Aboubacar Sylla, le ministre des Transports égratigne Dalein, en exhumant le dossier de l’usine de Fria.

« Ce n’est pas comme l’Usine Friguia qui a été définitivement vendue à Rusal. Puisqu’on a aujourd’hui un grand problème avec RusAl à cause des rails. Il y a loi ferroviaire qui est bloquée à cause de ça. On voulait organiser une mutualisation des lignes de chemin de fer pour que toutes les sociétés puissent les utiliser. Mais voilà que les rails ont été vendus à Rusal. Mais ce n’est pas le cas du port qui est mis en concession. C’est comme si on privatise la gestion, mais le patrimoine appartient toujours à l’Etat», tentait-il de rassurer.

Pour  lui venir en aide, c’est le RPG lui-même qui encense Alpha Condé : « Il cherche à améliorer  et à qualifier le rendement et la qualité de nos services publics. C’est pourquoi,  depuis qu’il est à la tête de la magistrature suprême de  notre pays, il ne cesse de voyager, d’approcher les investisseurs des pays amis à la Guinée qui peuvent nous venir en aide pour aller de l’avant. C’est pour cette raison que le chef de l’Etat a discuté avec les Turcs qui vont venir  aider la Guinée dans la gestion du port autonome de Conakry en vue de le développer, le moderniser et de le rendre rentable. »

Quoi qu’il en soit, Aboubacar Sylla ne voit « aucun inconvénient dans la cession. Nous n’avons pas de problème tant qu’il y a des gens qui vous apportent de l’argent et qui modernisent notre port. Je ne vois aucun inconvénient dans la mise en œuvre de cette concession. » Le ministre des Transports défend bec et ongles la concession du port conventionnel de Conakry. En cause : « C’est pour une question de financement et non pour le savoir-faire. Le problème c’est l’investissement, auparavant la gestion était bonne. L’Etat ne peut pas mettre 500 millions de dollars dans un Port Autonome alors qu’ils a d’autres charges. Ici il s’agit de la privatisation de la gestion pendant que le port appartient toujours à la Guinée. »

A ceux qui le croient, le ministre déclare : « Nous pouvons sortir de la concession à tout moment, on peut avant les termes 25 ans sortir de cette concession à travers des dispositions reconnues par la Constitution. » Toujours pour convaincre de sa bonne foi, il encense : « Ce contrat a fait l’objet d’accompagnement de la part des experts étrangers et d’institutions internationales, notamment deux experts de la Banque Africaine de Développement, mais aussi la collaboration de deux grands cabinets juridiques internationaux qui ont participé à la rédaction du document. »

Et de prévenir, sentant qu’il est loin de rassurer : « Je ne suis pas en train de défendre des démarches auxquelles on m’a associé ; mais, j’ai lu ce document de 178 pages et je sais qu’il sauvegarde les intérêts de la Guinée. C’est un dossier qui mérite d’être défendu. » On verra bien.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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