Le Président-frondeur de la Cour, plutôt évasif sur la 3è mandat

La destitution de Kèlèfa Sall, un moyen de préparer une modification de la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats d’un Président de la République ? Cette question est bel et bien posée par un confrère au tout nouveau président-frondeur de la Cour constitutionnelle. Sa réponse est plutôt évasive.

Extrait : « J’avoue que la crise, pour moi, est considérée comme étant passée, nous nous projetons sur l’avenir. Vous avez constaté que la Cour est restée dynamique, sereine, avec les règles la régissant. Depuis le début de cette crise, on ne s’est pas exprimés même une seule fois sur la place publique parce qu’on a l’obligation de réserve. Donc, nous avons assumé nos responsabilités conformément aux textes régissant la Cour Constitutionnelle.A partir d’aujourd’hui, il faut parler maintenant de l’avenir, notre objectif, comme je l’ai dit, c’est de restaurer la crédibilité de la Cour et faire en sorte qu’elle fonctionne conformément à la Constitution, conformément à la loi organique et tous les textes y afférents. Nous considérons que la crise relève du passé, nous partons maintenant sur de nouvelles bases à partir desquelles nous voulons construire l’avenir.Je rassure les Guinéens que la Cour Constitutionnelle, institution gardienne du respect de la Constitution, va entièrement assumer, avec dignité et responsabilité, la mission qui lui est conférée par la loi. »

Parler de l’avenir ? Une réelle intrigue. Surtout quand on sait comment il est estime être arrivé à la tête de la Cour constitutionnelle. Selon lui, « Les 8 conseillers ont tous voté de façon libre et transparente en présence d’un huissier. J’étais le seul candidat, et par conséquent, à l’unanimité j’ai été élu président de la Cour Constitutionnelle. »

Le raccourci est historique et le risque d’un grand chambardement à craindre. Il tente tout de même à convaincre : « Très bientôt, une charte de gouvernance sera élaborée, permettant une approche managériale qui va intégrer tous les conseillers dans la gestion des affaires de la Cour conformément à la loi. » Ce vœu pieux suffira-t-il pour rassurer les uns et les autres ? Pas évident : il est venu par effraction et donc ne saurait convaincre de sa bonne foi. Quitte à prouver le banditisme économique présumé de Kéléfa Sall et trimbaler celui-ci devant les tribunaux en cas de parjure. Le reste, c’est de la pure manipulation.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

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