Le taux de chômage repart en légère hausse au troisième trimestre

Alors que le gouvernement mène plusieurs réformes de front en vue de «  vaincre le chômage de masse  », le taux de chômage a légèrement augmenté au troisième trimestre à 9,4 % sans remettre en cause significativement la décrue amorcée depuis 2016. Comme depuis son arrivée, la ministre du Travail n’a pas commenté ce chiffre, même si Muriel Pénicaud n’a pas caché sa préférence pour cette statistique trimestrielle Insee par rapport aux chiffres mensuels publiés par Pôle emploi.

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De fait, l’exécutif en général ne commente guère les statistiques du chômage depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron il y a six mois, et continue de tabler sur le chiffre de 7 % donné pendant la campagne électorale. Au troisième trimestre, le taux de chômage a donc augmenté de 0,2 point en France métropolitaine, une hausse à prendre avec des pincettes puisqu’elle se situe dans la marge d’erreur de l’indicateur (plus ou moins 0,3 point). Sur un an, le taux, mesuré par l’Institut national de la statistique selon les normes du Bureau international du travail (BIT), est en recul de 0,3 point.

Progression de l’investissement

Le chiffre du troisième trimestre flirte avec le niveau du premier trimestre 2017 (9,3 %). Avec l’outre-mer, le taux de chômage s’établit à 9,7 % au troisième trimestre, soit 2,88 millions de chômeurs France entière (2,71 millions sans l’outre-mer). Pour Bruno Ducouré, économiste à l’OFCE, cette petite hausse «  n’est pas un ralentissement conjoncturel  », soulignant que nous «  sommes dans une phase de croissance assez dynamique  ».

La croissance a atteint 0,5 % au troisième trimestre, grâce à l’accélération de la consommation des ménages et à une nouvelle progression de l’investissement, selon l’Insee. Début octobre, l’institut a d’ailleurs relevé sa prévision de croissance pour l’année à 1,8 %, contre 1,6 % auparavant. À signaler néanmoins, l’emploi privé avait montré un premier signe de faiblesse au troisième trimestre, avec sa plus faible performance depuis deux ans.

62 000 chômeurs supplémentaires

Pour expliquer la baisse de 0,2 point, qui représente 62 000 chômeurs supplémentaires par rapport au deuxième trimestre, Bruno Ducouré cite «  la fin du dispositif de la prime à l’embauche fin juin  », mais aussi «  la diminution des contrats aidés  » ainsi que le possible impact de la «  baisse du plan de formation 500 000  ». À cet égard, l’exécutif a demandé aux partenaires sociaux de négocier une réforme de la formation professionnelle dont l’un des objectifs est de «  protéger les plus vulnérables contre le manque ou l’obsolescence rapide des compétences et vaincre ainsi, enfin, le chômage de masse  ».

Après la réforme du droit du travail, entrée en vigueur fin septembre, et qui doit contribuer à faire refluer le chômage, l’exécutif va aussi entamer une réforme de l’assurance chômage d’ici quelques mois. Toujours très élevé, le taux de chômage des jeunes reste enkysté au-delà des 20 %, barrière franchie depuis maintenant près de 15 ans (2003). Il s’inscrit en recul de 0,7 point sur le trimestre à 21,9 % et – 0,3 point sur un an.

«  Temps partiel subi  »

Le «  halo  » autour du chômage a en revanche diminué lors de ce trimestre. Les personnes souhaitant travailler, mais pas comptabilisées parce qu’elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement, étaient au nombre de 1,4 million au troisième trimestre, soit un recul de 59 000 sur le trimestre, et de 62 000 sur un an.

Parmi les chômeurs comptabilisés, 1,21 million d’entre eux déclarent chercher un emploi depuis au moins un an. Le taux de chômage de longue durée augmente de 0,2 point par rapport au trimestre précédent, mais est quasi stable (- 0,1 point) sur un an. Par ailleurs, le taux de personnes en sous-emploi, c’est-à-dire qui souhaitent travailler davantage est quasi stable : 6,2 % (+ 0,1 point sur le trimestre, et – 0,1 point sur un an). Il s’agit pour l’essentiel de travailleurs à temps partiel subi.

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