Les médias interdits « de servir de relais aux messages de rébellion véhiculés par les syndicalistes dissidents »

Et les radios se taisaient ! Ce bout de phrase qui rappelle étrangement l’œuvre d’Aimé Césaire ‘’Et les chiens se taisaient’’ – Cette pièce, c’est la vie d’un homme, d’un révolutionnaire, revécue par lui au moment de mourir au milieu d’un grand désastre collectif. Il revit (ou ressasse) ses hésitations, ses élans, ses rêves, ses défaites, ses victoires – s’applique actuellement à la situation qui prévaut en Guinée, notamment entre Alpha Condé et les journalistes guinéens.

Le président guinéen fait feu de tout bois pour rendre aphones les radios privées. Désormais, les médias sont interdits « de servir de relais aux messages de rébellion véhiculés par les syndicalistes dissidents ». D’ailleurs, « des sanctions fermes prévues par la loi seront encourues par tous les contrevenants ».

Ainsi lit-on sur un communiqué affiché par des confrères et qui serait signé de, entre autres : Adama Sow, Mansa Moussa Sidibé, Damantang Camara, Sekou Camara et Souleymane Diallo. Cette démarche fait suite à la rencontre qu’a eue Alpha Condé avec des partenaires sociaux. Lesquels sont déjà favorables « à l’arrêt immédiat de la grève illégale. »

D’autres décisions viennent meubler la rencontre : les participants ont appelé le gouvernement à la sécurisation des élèves, des enseignants et des établissements scolaires ; l’ensemble des participants a demandé aux médias un plus grand professionnalisme dans le traitement des informations relatives à la grève illégale ; il a été rappelé aux médias l’interdiction de servir de relais aux messages de rébellion véhiculés par les syndicalistes dissidents. A cet effet, des sanctions fermes prévues par la loi seront encourues par tous les contrevenants ; les participants ont exigé une stricte application de la Loi concernant les relations entre les partenaires sociaux et le droit de grève. Tous semblent avoir une convergence vers « un apaisement et une reprise apaisée des cours dans tous les établissements le lundi 27 novembre 2017. »

Quelques heures plus tôt, Aboubacar Soumah tranchait sur africa Guinée: « On ne reculera pas d’un iota. La grève continue… » On redoute donc d’autres perturbations, le lundi.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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