Les médias privés et les impayés: l’arme fatale pour faire taire…

Alpha Condé a instruit récemment des ministres pour s’occuper des taxes que doivent les radios et télévisions privées installées à Conakry et en provinces. Alpha Condé avait également menacé de trimballer devant les tribunaux tous journalistes ou hommes politiques qui attenteraient à son intégrité morale et autres.

Suffisant pour crier à la dictature et à la censure. Suffisant aussi pour les médias de faire du professionnalisme du métier un sacerdoce afin d’éviter tous clashes ou gaffes professionnelles. Mais déjà, les taxes impayées des médias privés constituent aujourd’hui une arme fatale pour faire taire les uns et les autres. Et donc d’avoir la paix et la latitude d’abuser de la Constitution, entre autres.

De toute évidence, selon des sources concordantes, les médias privés devraient à l’Etat un pactole de  6 034 540 000 GNF, étalé sur trois ans seulement (2015, 2016 et 2017). Selon un site Internet proche du gouvernement, seulement les radios commerciales doivent quelque 3 878 030 000 GNF (Trois milliards Huit cent soixante-dix-huit millions trente mille GNF), tandis que les radios communautaires s’échappent avec 2 56510 000 GNF (Deux milliards cent cinquante-six millions cinq cent dix mille GNF). Une misère crie-t-on, mais pour être dans les règles, payer les taxes et redevances dues devrait être un acte citoyen pour l’ensemble des radios et télévisions privées.

De quoi les affranchir de la chape de plomb, par quoi Alpha Condé les tient actuellement, en les menaçant de fermeture, au-delà du fait que bien des radios ne respectent pas les cahiers de charges en vigueur. Loin de défendre une gouvernance chancelante menée par Alpha Condé, il y a lieu d’interpeller la presse privée sur ses obligations. Il y va de sa survie dans un climat hostile. Le temps de Tibou réactiver les liens entre Condé et les journalistes. Si ce n’est pas trop tard.

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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