Les syndicats des transporteurs de Mamou ferment la route aux voyageurs

Alors que les négociations se poursuivent entre le gouvernement et l’inter-centrale syndicale CNTG-USTG pour tenter de désamorcer la crise sociale qui a débouché sur la grève générale illimitée en cours sur le territoire national de la Guinée, les syndicalistes accentuent la pression. Et c’est à Mamou qu’ils ont pris la mesure la plus radicale. En effet, depuis mardi, le syndicat des transporteurs de cette préfecture — située à 270 kilomètres de la capitale — ont bloqué les points d’entrée et de sortie de la ville, empêchant plusieurs passagers de circuler librement. Selon un chauffeur de minibus, qui roule sur le tronçon Conakry-Pita n’ayant pu effectuer son voyage habituel, rencontré ce mercredi par notre rédaction, la «chasse» organisée par les syndicalistes de Mamou a permis d’arrêter des dizaines de véhicules de transports provenant de divers endroits du pays.

Considéré comme la “Ville carrefour”, c’est un point stratégique que les grévistes viennent de prendre ; puisque les véhicules de transports en commun provenant (ou allant à) de  Labé, Pita, Dalaba, Kankan, N’zérékoré… y transitent. Couper cette route, donc, c’est empêcher la circulation entre Conakry et les régions de Moyenne-Guinée, Haute-Guinée et Guinée-Forestière. D’après notre informateur, plusieurs chauffeurs qui s’apprêtaient à traverser la Ville carrefour ont été arrêtés et conduits à la base des syndicats pour y être interrogés sur leur refus de respecter le mot d’ordre de grève lancé par les deux principales centrales syndicales de Guinée.

Aujourd’hui, les questions que l’on se pose est de savoir jusqu’où les syndicalistes sont-ils prêts à aller pour obtenir gain de cause qui se focalise principalement sur la diminution du prix du carburant à la pompe, d’autant que le baril de pétrole est vendu au dessous des 30 dollars américains sur le marché international. La grève est certes un droit reconnu aux travailleurs par les textes de loi guinéens et les Conventions internationales ratifiées par notre pays, mais est-ce une raison pour empêcher d’autres citoyens de circuler librement ?

Thierno, Kababachir.com

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