Les traîtres et la girafe : la correction d’un multirécidiviste !

Le président du Parlement, la grande girafe guinéenne a provoqué récemment une sainte pagaille qui a mis les députés du groupe parlementaire les Libero-démocrates dans tous leurs états. Qualifiés de traîtres par Claude Kondiano, les députés UFDG y ont apporté la correction. Celle qu’on uppercut à un multirécidiviste à la taille du Président de l’Assemblée nationale.

Le seul tort reproché aux Libero-démocrates c’est de s’être abstenus – faute de documents de références demandés mais non obtenus – de voter pour deux accords de financement des travaux de réhabilitation de la route nationale Coyah-Dabola, longue de 367 kilomètres, et de la voirie urbaine de Conakry. Deux projets  s’inscrivant dans le cadre de l’accord stratégique signé entre la Guinée et la Chine. Il n’en fallait pas plus pour que la girafe du Parlement tombe dans l’ire et de lâcher le terme traîtres : «S’abstenir, c’est trahir. Vous êtes des traitres ». Sainte pagaille, intimidation puis lourde pression.

Le patron du Parlement cède aux injonctions des députés UFDG : «C’est en toute sincérité et avec beaucoup de regrets que j’ai retiré le mot. De temps en temps, certains mots viennent de ma bouche pour essayer de détendre l’atmosphère. Donc ce n’est pas par méchanceté. Il faut que vous acceptiez parfois l’humour pour détendre l’atmosphère. »

Kondiano n’est pas à son premier essai. En effet, dans son discours d’ouverture de la session des lois le jeudi 5 avril, il a accusé les opposants dont d’ailleurs les recours étaient dans les tiroirs poussiéreux de l’Assemblée de vouloir faire sombrer le pays. Il a fustigé ce qu’il a appelé «pratiques et actes néfastes récurrents et délibérés » des acteurs politiques « pour freiner les activités et empêcher le développement et la croissance économique du pays. Parmi ces pratiques et actes engagés par ces acteurs pour casser l’économie et saper l’image du pays à l’intérieur et à l’extérieur, il y a les manifestations intempestives et la diabolisation de ses institutions, surtout de monsieur le président de la République, ce qui ne passe nulle part au monde. Je me demande pourquoi certains d’entre nous ont aujourd’hui autant de haine pour un pays qui, pourtant, est bien le leur. »

Sans trop attendre, Fodé Oussou Fofana avait répliqué : «Il pense qu’il y a certains Guinéens qui sont capables d’aller voir la communauté internationale pour lui demander de ne pas aider et d’accompagner la Guinée. Ça c’est triste. C’est comme si on était dans la révolution. J’ai l’impression que M. Claude Kory Kondiano est toujours resté communiste, socialiste. Il pense que le monde n’a pas évolué. Nous prenons ce discours avec beaucoup de peine. »

Apporter donc une correction cinglante à Kondiano n’est que dans l’ordre normal des choses.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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