Liban : à Ryad, Jean-Yves Le Drian confirme le départ de Saad Hariri vers la France

Un accord est trouvé. « M. Hariri a accepté l’invitation du président de la République à se rendre en France », a annoncé jeudi Jean-Yves Le Drian. « Il va venir en France » et le prince héritier et homme fort d’Arabie saoudite, « en a été informé ».

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Le Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri est libre de quitter l’Arabie saoudite « quand il veut », a assuré jeudi de son côté le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir.

Cette déclaration est intervenue à l’occasion de la visite à Ryad du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Celui-ci a confirmé que Saad Hariri allait se rendre en France à une date non précisée, à l’invitation du président Emmanuel Macron.

« Protégé » ou retenu par l’Arabie Saoudite

Le 4 novembre et à la surprise générale, Saad Hariri avait annoncé sa démission depuis la capitale saoudienne, accusant l’Iran et son allié libanais, le Hezbollah, de « mainmise » sur le Liban, et en disant craindre pour sa vie.

Depuis, informations et rumeurs ont circulé sur une interdiction de Saad Hariri de quitter le royaume saoudien après avoir été « contraint » à la démission. Et mercredi le président libanais Michel Aoun n’a pas hésité à affirmer que le Liban le considérait « en captivité et détenu » à Ryad.

Mais jeudi, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a affirmé que « Hariri est ici de sa propre volonté et il peut partir quand il veut ».

Agé de 47 ans et détenteur également de la nationalité saoudienne, l’ex-Premier ministre libanais, un « protégé » de l’Arabie saoudite, a démissionné un an après être parvenu à former un gouvernement avec le Hezbollah chiite proiranien dans un pays aux fragiles équilibres.

La proposition surprise de la France

La France, qui s’est démenée pour trouver une issue à la crise, a créé la surprise mercredi, l’Elysée annonçant que Saad Hariri «devrait arriver en France dans les prochains jours », à l’invitation d’Emmanuel Macron.

Interrogé sur la date de sa venue, le ministre français a déclaré : « L’agenda de M. Hariri appartient à M. Hariri ». Ce dernier viendra « quand il le souhaitera et dès qu’il le souhaitera », a de nouveau déclaré Jean-Yves Le Drian lors de la conférence de presse, soulignant que le Liban devrait rester « à l’abri des ingérences étrangères ».

Le chef de la diplomatie française a abondé dans le sens de l’Arabie saoudite à propos de l’Iran, dénonçant la « tentation hégémonique » de Téhéran et s’inquiétant de son programme de missiles balistiques.

Au Liban, le président Michel Aoun a affirmé qu’il attendrait le retour de Saad Hariri de Paris pour discuter de sa démission, confirmant ainsi que le Premier ministre démissionnaire allait se rendre en France. Il a « espéré une fin à la crise », dans des tweets postés sur le compte de la présidence. « L’acceptation par M. Hariri de l’invitation à se rendre en France est le début d’une solution », a ajouté le président libanais.

Michel Aoun avait été élu en 2016 grâce au soutien massif du puissant Hezbollah, allié de l’Iran. Saad Hariri avait alors formé son gouvernement avec le Hezbollah à la suite d’un compromis.

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