Ligue des champions : après Paris, Lyon, vainqueur de Manchester City, se qualifie pour les demi-finales

Les coéquipiers de Cornet, buteur, ont battu les Citizens de Pep Guardiola samedi à Lisbonne (3-1) et se hissent dans le dernier carré continental pour la seconde fois de leur histoire.

Il y aura deux représentants français en demi-finales de la Ligue des champions. Quatre jours après la victoire du Paris-Saint-Germain face à l’Atalanta Bergame (2-1), l’Olympique lyonnais a rejoint le champion de France dans le dernier carré de la prestigieuse compétition européenne, en écartant Manchester City, samedi 15 août (3-1). Les coéquipiers de Moussa Dembélé, remplaçant et double buteur, affronteront le Bayern Munich mercredi, en demi-finales.

Rudi Garcia l’avait annoncé avant la rencontre. « Il faudra exister avec le ballon et marquer. On est capable de le faire. Même si on sait qu’on ne va pas gagner la bataille de la possession, car c’est l’ADN de cette équipe de City, on essaiera d’utiliser au mieux le ballon. On va essayer de leur poser des problèmes. » Et samedi, ses hommes ont appliqué à la lettre la recette de leur coach. Surfant sur la confiance acquise par la qualification face à la Juventus Turin au tour précédent, les coéquipiers de Marcelo, une nouvelle fois indéboulonnable en défense, ont débuté la rencontre sans craindre les joueurs de Pep Guardiola.

Une équipe de Manchester City à la composition inédite, sortie du cerveau du technicien catalan – en 3-4-3 –, mais dont les joueurs ont semblé plus perturbés que les Lyonnais par ces changements en début de match. « Avec Pep, il faut s’attendre à tout, on savait qu’il pouvait concocter quelque chose mais, finalement, on a gagné la bataille tactique », a savouré Garcia après la rencontre, au micro de RMC Sport. S’ils ont beaucoup porté le ballon, les « Skyblues » n’ont pas inquiété Anthony Lopes en première période. Et se sont fait punir par la première flèche lyonnaise.

Cornet glace les Citizens

Pep Guardiola va finir par en faire des cauchemars, lui qui aura su dompter le Real Madrid au tour précédent, mais semble impuissant depuis deux ans à trouver la parade à Maxwel Cornet. Auteur de trois buts face aux Citizens lors du double affrontement de 2018 en phase de groupes, l’international ivoirien a remis le couvert samedi pour ouvrir la marque. Sur une ouverture lumineuse de Marçal, Karl Toko Ekambi prend la profondeur, bute sur Laporte, mais Cornet suit, et son tir dans un angle fermé trompe Ederson (1-0, 24e). Son premier but depuis que Rudi Garcia a repositionné cet ailier de formation dans un rôle de piston défensif.

« Avant le match, on savait déjà qu’on menait 1-0 grâce à Cornet », l’a taquiné Rudi Garcia, hilare, après la rencontre, incapable d’expliquer pourquoi les Citizens réussissent aussi bien à son joueur plus connu pour sa versatilité. Qui a également contribué côté défensif, venant sauver la patrie lyonnaise en toute fin de première période, en rattrapant et contrant Raheem Sterling, lancé dans la profondeur par une subtile passe de Kevin De Bruyne.

Requinqués par la mi-temps, les coéquipiers de De Bruyne se rebiffent en début de seconde période. Portés par un pressing plus haut, ils acculent l’arrière-garde rhodanienne, maintenue à flot par son portier, Anthony Lopes. Sans parvenir à développer leur jeu léché, marque de fabrique des équipes de Guardiola, les Citizens se rapprochent des buts lyonnais.

Mais Manchester l’a montré tout au long des deux dernières saisons, si elle dispose d’avions de chasse à tous les postes, elle n’est pas à réaction. Avant la rencontre, Manchester City n’avait remporté cette année que trois matchs sur les treize où elle a été menée. Et Lyon n’a pas manqué l’occasion d’ajouter son nom à la liste. En dépit de l’égalisation mancunienne, par Kevin De Bruyne au terme d’un superbe travail de Raheem Sterling (1-1, 69e), les Lyonnais n’ont jamais baissé la tête.

Et quelques minutes après avoir remplacé un Memphis Depay guère remuant, l’attaquant Moussa Dembélé a pris à revers la défense adverse, profitant d’une ouverture inspirée d’Aouar, laissée passée par Toko Ekambi – hors jeu mais ne faisant pas action de jeu – pour filer au but, et tromper Ederson, sorti à sa rencontre (2-1, 79e). « Etre sur le banc, ce n’est pas facile, mais il faut garder l’état d’esprit pour faire la différence quand on rentre, a soufflé le buteur français au micro de RMC Sport. Chaque fois qu’on est sur le terrain on se donne à 100 %, l’état d’esprit du groupe a changé et c’est positif. »

Quelques minutes plus tard, celui qui avait inscrit un doublé contre les Citizens lorsqu’il évoluait sous les couleurs du Celtic Glasgow (en 2015-2016) a récidivé, bouclant la marque en reprenant un ballon mal stoppé par le portier mancunien, et expédiant les Gones en demi-finales de la Ligue des champions (3-1, 87e).

La récompense après « une année terrible »

Une minute avant le troisième but lyonnais, Raheem Sterling, virevoltant tout au long de la partie, a vendangé une énorme occasion. Idéalement servi, seul devant le but à quelques mètres des cages lyonnaises, celui qui avait revu avant le match la rencontre perdue par son équipe l’an passé au même stade de la compétition face à Tottenham pour « se souvenir du sentiment de la défaite » a expédié la balle dans les airs. « Malheureusement, ça fait partie du jeu, a commenté Pep Guardiola, on peut faire un bon match, mais il faut concrétiser les occasions. On a été mieux que Lyon dans beaucoup de domaines, mais ça n’a pas été suffisant. » L’Espagnol quitte une nouvelle fois la Ligue des champions au stade des quarts de finale. En quatre ans sur le banc du club propriété d’Abou Dhabi, jamais le technicien catalan n’est parvenu à hisser son équipe plus haut.

Aux anges, Jean-Michel Aulas pouvait exulter avec ses joueurs. « C’est un exploit, mais c’est aussi une résonance avec tout ce qu’on a vécu ces derniers mois. Les joueurs se sont emparés de cette injustice qui nous a cloués à une septième place non européenne, a exposé le président lyonnais au micro du diffuseur français de la rencontre. On a eu une année terrible, on a mal démarré la saison, on a dû changer d’entraîneur, mais il fallait le faire, et on a eu ces blessures terribles. On a su recruter, réagir très fort en janvier, et comme on retrouve nos blessés, on a une équipe de talent. Et quelquefois, il faut le reconnaître, il faut avoir un peu de réussite, et là on en a eu comme contre la Juve. »

Il y aura deux représentants de Ligue 1 en demi-finales de la Ligue des champions. Cette « Farmer’s League », comme a ironisé Kylian Mbappé sur Twitter après la victoire lyonnaise –  en référence à l’image véhiculée par le football hexagonal à l’étranger –, le seul grand championnat européen à ne pas avoir repris après l’interruption de la saison liée à la pandémie mondiale, voit ses deux équipes les plus régulières des dernières années accéder au dernier carré.

« On ne nous attendait pas à ce niveau, on roule notre bosse en toute humilité, on travaille à l’entraînement pour espérer faire ce genre de performance, a savouré le héros du soir, Maxwel Cornet, se projetant sur le match suivant, face aux Bavarois, qui ont étrillé le Barça vendredi (8-2). Le Bayern, on connaît la puissance offensive de l’équipe, ça sera un match très compliqué, qu’il faudra jouer avec envie, comme ce soir, et il n’y a pas de raison que ça ne nous réussisse pas. » Au vu des ressources dénichées par l’OL depuis la reprise de la Ligue des champions, difficile de lui donner tort.

Source: Le monde.fr

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