Lutte contre la corruption : Alpha décrasse la machine !

Comment améliorer la cohérence et la complémentarité qui doivent caractériser les activités des structures impliquées dans les opérations de lutte contre la corruption ? Cette question était au centre des discussions, le jeudi à Conakry, entre Alpha Condé et ses ministres.

C’est ainsi que le président de la République a invité « à définir les procédures et les modalités par lesquelles la Ministre Conseillère chargée de la passation des Marchés Publics pourraient émettre des avis motivés sur la qualité  et la régularité des contrats relatifs aux commandes publiques, dans le respect des dispositions du Code des Marchés Publics. » Marchés publics ? En voilà en effet un terreau de la corruption. Soit au niveau de la passation, soit au niveau du contrôle, voire autres étapes. Partout, des cadres véreux, avec la complicité d’entrepreneurs en mal d’adresses, en mal de gros marchés publics brassent des millions et le partage se fait souvent jusqu’au nez et à la barbe d’Alpha Condé. Centralisme outrancier aidant, les corrompus ont la facilité d’impliquer un haut-perché afin que le partage du butin s’effectue sans indiscrétion. En contrepartie, des marchés sont enlevés, très souvent aux dépens des plus méritants, voire des moins méritants. Les deux cas sont bien possibles.

Ce désordre qui enrichi certains est largement provoqué par Alpha Condé lui-même, lui qui excelle dans les mélanges de genres, dans la superposition des rôles et missions. Et lui enfin protecteur des voraces sociétés étrangères et même locales.  En faisant donc épousseter la machine de lutte anticorruption, Alpha Condé doit l’orienter d’abord vers ses amis à qui des marchés sont attribués et dont les affinités avec la chaîne des marchés publics se passent de tout commentaire. Conséquence : des millions sont empochés au démarrage des travaux et d’autres à la fin. Même opération avec les prestations et autres fournitures. 

Pour ne rien laisser échapper, Alpha Condé invite tout de même les Ministres concernés à œuvrer à la réforme des structures de lutte contre la corruption en vue de leur conférer plus d’efficacité. Le cas particulier de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption a été souligné et des mesures envisagées pour sa relance et son renforcement.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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