Macron giflé : ce que l’on sait des deux hommes en garde à vue

Le chef de l’État a reçu une gifle lors d’un déplacement à Tain-L’Hermitage, mardi. Deux hommes ont été placés en garde à vue : l’auteur de la gifle et un homme qui a filmé la scène. L’auteur de la gifle sera jugé jeudi, il a expliqué « avoir des convictions politiques traditionnelles de droite ou d’ultra droite ». 

Un homme gifle le président de la République, Emmanuel Macron, à Tain-l'Hermitage (Drôme), le 8 juin 2021. (CAPTURE D'ÉCRAN)
Un homme gifle le président de la République, Emmanuel Macron, à Tain-l’Hermitage (Drôme), le 8 juin 2021. (CAPTURE D’ÉCRAN)

Deux hommes âgés de 28 ans et inconnus des services judiciaires sont toujours en garde à vue, jeudi 10 juin, pour « violences sans incapacité sur personne dépositaire de l’autorité publique ». L’un d’eux, Damien T., a reconnu lors de son audition être l’auteur de la gifle qui a visé le président de la République lors de son déplacement à Tain-L’Hermitage (Drôme), mardi 8 juin. Son test d’alcoolémie s’est révélé positif, selon une source proche du dossier. L’autre homme l’accompagnait et a filmé la scène.  

Un intérêt pour la fachosphère

Selon nos informations, ces deux hommes, Damien T. et Arthur C., n’ont pas d’antécédent judiciaire. Le premier est sans emploi et vit chez les parents de sa petit amie, le second est intérimaire. Ils résident à Saint-Vallier (Drôme), au nord de Valence.

D’après ses recherches et activités sur internet, Damien T., démontre un intérêt pour des personnalités de la fachosphère. Sur les réseaux sociaux, Damien T. n’affiche pas son militantisme, mais sur YouTube, il est abonné à des influenceurs d’extrême droite, comme Papacito, l’auteur d’une vidéo polémique qui explique comment s’en prendre à un militant de La France insoumise et contre lequel Jean-Luc Mélenchon et son parti ont dit vouloir porter plainte pour « provocation au meurtre ». Damien T. suit également la chaîne de Julien Rochedy, l’ancien président du Front national de la jeunesse, ainsi que les activités du groupe « Équipe Communautaire Paris », affilié au réseau « Les Braves », du suprémaciste blanc Daniel Conversano.

Lors de son audition, Damien T. s’est présenté comme proche de « la mouvance des gilets jaunes » et partageant des « convictions politiques traditionnelles de droite ou d’ultra droite » sans être « d’aucun parti ni militantisme exprimé », a expliqué le procureur de la République.

Par ailleurs, selon des informations de franceinfo et France Bleu Drôme Ardèche, un exemplaire de Mein Kampf ainsi qu’un drapeau de la révolution russe ont été découverts au domicile du deuxième homme placé en garde à vue, Arthur C. Plusieurs armes ont également été retrouvées sur place : des armes de poing, d’épaule, des armes historiques à poudre noire, une épée, ou encore une dague. Arthur C. détient légalement au moins une carabine. Des vérifications sont en cours pour les autres armes.

Une passion pour le Moyen Âge

Les deux hommes sont sont membres d’associations de leur commune « en lien avec les arts martiaux, le Moyen Âge et l’univers mangas », a précisé le procureur dela République, mercredi. Damien T. est président de l’association des arts martiaux historiques européens (AMHE) à Saint-Vallier (Drôme). Par ailleurs, une photo publiée sur son compte Instagram le montre en habits de chevalier, avec une longue épée à ses côtés. Une passion qui peut expliquer pourquoi on l’entend lancer « Montjoie Saint-Denis ! », le cri de ralliement des armées royales françaises, au moment de son geste envers le président. Un cri de guerre qui remonte à la dynastie des Capétiens au XIIe siècle, et également entendu dans le film Les Visiteurs, en 1993.

Damien T. sur une photo postée sur son profil Instagram. (CAPTURE D'ÉCRAN)
Damien T. sur une photo postée sur son profil Instagram. (CAPTURE D’ÉCRAN)

L’agresseur déclare avoir agi « sans réfléchir »

L’enquête se poursuit, notamment pour connaître les motivations de cette agression. Les auditions des témoins et de la compagne de Damien T. n’ont pas éclairé « les motivations » du jeune homme, explique le procureur de la République. La préméditation – « à l’heure actuelle » – n’est pas retenue.

Au cours de son audition, Damien T. a reconnu « avoir porté un coup au chef de l’État et avoir prononcé des paroles dénonçant la politique« , explique le procureur de la République de Valence. Le suspect « soutient avoir agi d’instinct et sans réfléchir pour exprimer son mécontentement ». « L’individu a pu déclarer avoir eu l’intention d’échanger verbalement avec le chef de l’État sur la politique menée actuellement », ajoute le procureur, Alex Perrin.

Damien T. sera jugé ce jeudi en comparution immédiate

Le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, précise qu’il « semblerait que la préméditation ne puisse être retenue dans l’accomplissement de ce geste violent ». L’agresseur doit être présenté jeudi matin au parquet de Valence en vue d’un procès en comparution immédiate dans l’après-midi. Il sera jugé pour violence sans incapacité sur personne dépositaire de l’autorité publique.

L’implication d’Arthur C., le deuxième suspect interpellé mardi,« ne peut être retenue concernant les faits commis à l’encontre » d’Emmanuel Macron, explique le procureur. Mais il se verra « délivrer une convocation en justice pour la fin du second semestre 2022 ». Il devra alors répondre « des infractions en lien avec les armes détenues illégalement ».

Source: www.francetvinfo.fr

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