Maison centrale de Conakry : Les avocats empêché de rencontrer les opposants écroués

Après plus de 4 mois de détention sans jugement, le sort des opposants écroués se complique d’avantage. Alors que les avocats ont suspendu leur participation à la procédure, l’accès aux détenus politiques devient de plus en plus difficile.

Pendant qu’ils voulaient s’enquérir de l’état de leurs clients, les avocats ont été une nouvelle fois refoulés à la Maison centrale de Conakry.

C’est la deuxième fois qu’on refuse aux avocats des détenus politiques de rencontrer leurs clients écroués depuis novembre sans jugement.

Une attitude que le collectif des avocats dénonce avec la dernière énergie et qui constitue une grave violation des droits de l’homme en Guinée :

« Je voudrais juste rappeler qu’un détenu qu’il soit en détention provisoire ou qu’il soit condamné, a accès à son avocat. L’avocat a accès à son client à tout moment même au moment de l’exécution. C’est-à-dire même un détenu qui est condamné à mort, qui doit être exécuté, il a accès à son avocat. Donc, je ne comprends pas pourquoi on peut nous interdire d’accéder à nos clients d’autant plus que nous sommes régulièrement constitués et nos clients n’entendent pas changer d’avocats« , a laissé entendre maitre Amadou Diallo.

Malgré ce refus des autorités pénitentiaires, « Nous restons et demeurons leurs avocats donc nous pouvons normalement les rencontrer à tout moment, pendant la détention provisoire mais également dans l’éventualité où ils seraient condamnés, nous avons le droit de les rencontrer et ils ont le droit de nous rencontrer. », a prévenu l’avocat. Et d’ajouter que cela constitue : « Une atteinte grave à l’Etat de droit, c’est une atteinte grave aux droits fondamentaux de nos clients, c’est même une atteinte grave à l’exercice de la profession d’avocat« , a-t-il dénoncé.

Que comptent faire désormais ces avocats après ce refus d’accéder à leurs clients: « Nous appartenons à une corporation qu’on appelle le barreau de Guinée, nous allons rendre compte au conseil de l’ordre et puis le conseil de l’ordre avisera. Nous sommes venus avec des huissiers qui vont faire le constat puisque nous avions le pressentiment qu’ils allaient nous empêcher de rentrer aujourd’hui encore » ajoute Me Diallo.

Jusqu’à quand se bras de fer va perdurer ?

Attendons de voir

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.