Maisons en location : une fantaisie hors de prix !

Se faire loger à Conakry exige un portefeuille bien consistant. Les maisons en location sont hors de portée des citoyens moyens. Les prix sont fixés d’une façon fantaisiste. Démarcheurs indélicats et propriétaires immobiliers irresponsables se font la part belle. Chacun veut se faire pleines les poches. Ils échappent à tous contrôles.

Des maisons de trois pièces, insalubres, inaccessibles et sans adduction d’eau potable d’un côté ; des maisons cossues, fleuries, au bord de la route avec forage ou fourniture de la SEG de l’autre. On ne peut pas y rêver. Elles sont hors des prix. D’un millions cinq cent GNF à trois millions et plus sont proposés. L’avance et les émoluments des démarcheurs en font le reste. Certains imposent jusqu’à deux ans d’avance avec cautions. D’autres un an, six mois, etc. c’est selon la chance qu’on a. une réelle fantaisie en somme qui ne facilite point la vie en location. Chez certains, avec ces montants payés, quand il y a panne d’électricité, c’est à la charge de l’occupant, idem pour les pannes de conduites d’eaux potables.

Sur les hauteurs de Khabitaya, à quelques encablures de la Bonagui, un immeuble aux appartements exigus se négocie à 1 500 mille GNF. Ici, selon les occupants, en l’espace de 4 mois, ils ont enregistré une augmentation de 500 mille GNF. Nous y avons fait le tour, ce vendredi matin. Il n y a rien de particulier : trop de poussière dans la cour, des tas d’immondices au niveau des marches ; chaque escalier, son lot de détritus. « La femme nous fait payer cher, alors qu’elle n’entretient pas les locaux et mieux, c’est nous payons l’eau, le courant. Elle chasse les occupants comme des malpropres. Trop d’arrogance », se lamente un père de famille qui mise déjà sur son prochain départ, au regard de l’augmentation fantaisiste. Ces cas parmi tant d’autres devraient interpeller les consciences.

Le gouvernement s’était engagé depuis l’année dernière à se pencher déjà sur l’impôt sur immobilier. La machine semblait être en branle. Pour le ministre  Mohamed Lamine Doumbouya, « Il s’agira de mettre en place un mécanisme d’identification effective de tout le parc immobilier national. C’est-à-dire le patrimoine bâti et non-bâti. Savoir qui est où. Si c’est une maison en location, savoir quel type de taxe faut-il appliquer. Si c’est une maison habitée par le propriétaire, savoir également quel type de taxe imposer. »

Un an après, toujours rien.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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