MAKANERA KAKE : Il était une fois un ministre zélé…

C’est connu partout et même de Toto que la politique se caractérise par une certaine dynamique. Les évolutions et les changements sont caractéristiques d’une carrière politique. Pour autant, en Guinée, cette marque a quelque chose de singulier. En fait, dans le pays d’Alpha Condé, les politiciens se distinguent par l’improbabilité, la brusquerie et la vitesse avec lesquelles ils opèrent leurs changements. Et celui qui, ces derniers temps, illustre le mieux cette situation symptomatique de la manière de faire la politique en Guinée, c’est bien Alhousseine Makanera Kaké, l’ancien ministre de la communication.
Il est l’incarnation de ces politiciens qui, voguant exclusivement au gré des intérêts, sont dans un camp le matin et dans le camp adverse le soir. Chez eux, la conviction est un prétexte et un outil de marketing politique. Leurs véritables caractéristiques, ce sont la démagogie, la propagande et une dose suffisante d’excès de zèle. En effet, qui ne se rappelle pas comment, encore ministre de la communication, Makanera a chargé tout à la fois les opposants au régime et les médias qui n’encensent pas le pouvoir du président Alpha Condé ? N’est-ce pas lui qui avait, de ce fait, juré de mettre au pas tous les médias qui s’autorisaient une certaine indépendance ?
Sorti de nulle part, mais soucieux de conserver des privilèges qu’il savait immérités, il n’a reculé devant rien pour convaincre le président Alpha Condé de le garder dans le navire. Accrochés aux biens matériels, il s’était même ridiculisé en encaissant l’outrageante défiante d’un de ses subordonnés en la personne de Paul Moussa Diawara, directeur général de l’OGP.
Mais aussitôt viré du gouvernement, l’homme a changé de discours et d’attitude. Désormais, évoquant son départ, il n’hésite pas à faire montre de soulagement. Et ce n’est pas tout. Il commence même à démarcher des formations politiques qu’il clouait au pilori, il y a à peine quatre mois. Pour son excuse, fait état d’un amalgame que les Guinéens auraient commis en confondant « Makanera le ministre » et « Makanera le citoyen ». Le premier diffèrerait du second par le fait qu’étant une personne morale, il n’était pas responsable des actes et des propos qu’il tenait.
Sacré culot que de prendre ainsi les Guinéens pour des moutons ! Ayant résolument tourné le dos à un pouvoir qui l’a sorti du néant, il retourne désormais ses armes contre ce dernier. En Témoignent les attaques qu’il décoche contre le président du groupe parlementaire du RPG-arc-en-ciel à l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara.
Un autre aspect de son côté visiblement lunatique c’est que Makanera, comme s’il avait oublié tout ce qui a été son rôle néfaste pour l’obtention de la licence de nos confrères d’Espace TV, adresse aujourd’hui aux responsables et journalistes de la télévision, ses félicitations. Comme si de rien n’était.

Anna Diakité, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.