Malick Sankhon : contenir la disgrâce et la lassitude

En principe, tous ministres et hauts cadres de l’Etat qui par ailleurs déversent leurs biles sur les opposants au cours des assemblées générales du RPG mais qui n’ont pas fait carton plein chez eux ou en tant cas sérieusement bien mouillé le maillot doivent être dégommés. Ils sont nombreux : BantamaSow, Hady Barry, l’homme du mouvement Foutahfiifow et fowfiifouta, Malick Sankhon, Tidiane Traoré, etc.

De toutes les façons contre les lois électorales et celles de la République, ces administrateurs ont usé et abusé des biens publics pour battre campagne, influencer les votants et l’ensemble du processus électoral. Seulement, pour ce cas précis, on fixe les projecteurs sur le patron de la CNSS dont la vie est ballotée entre disgrâce, ‘’désolidarité’’ et lassitude. Certains parient même sur son poste de DG de la Caisse nationale de sécurité sociale.

L’intéressé lui semble être serein : « C’est le cadet de mes soucis. Je vous le dis en toute sincérité, aujourd’hui que je sois le directeur de la Caisse et que demain je sois éboueur, je suis citoyen guinéen. (…) Il y a beaucoup de schizophrènes dans notre pays, si moi je veux quitter le RPG aujourd’hui, je le ferais en toute liberté, personne ne m’a contraint lorsque j’ai accepté de soutenir la candidature du professeur Alpha Condé, on n’était que trois : Ahmed Tidiane Cissé, Mohamed Diané, et moi. C’est nous qui avions constitué la mouvance. »

Malick est lassé des coups bas des siens. A telle enseigne que certains l’accusent de n’avoir pas fait assez pour faire gagner le RPG à Kaloum. « Tout ce que je revendique en Guinée c’est qu’on me laissera faire la politique que je veux et je ne suis marié avec personne, je travaille avec ma conscience. Je ne crains personne sur terre sauf Dieu. Ceux qui parlent, quand vous allez au Foutah, il n’y a pas quelqu’un du RPG qui ait sillonné les districts du Foutah comme moi pour que le professeur Alpha Condé soit ce qu’il est et je le ferais aussi longtemps qu’il me le demandera. »

En suivant cette grande gueule du RPG, on se rend compte jusqu’où il vit une lassitude sans nom. Cette lassitude s’apparente un peu à une sorte de disgrâce. Mais, visiblement, Malick n’en a cure. Quitte à sacrifier son poste si son mentor ne voudra plus de lui. Déjà, il contient sa situation et a même préparé son possible retour parmi les amis d’hier, aujourd’hui opposants farouches à Alpha Condé. On l’a suivi, mercredi, vraiment mortifié, appelant Dalein à l’humanisme : «Il faudrait que Cellou comprenne que nous n’avons pas le droit d’avoir du mépris l’un pour l’autre. Au-delà de la politique, il y a l’humanisme. Je ne suis pas réellement un va-t’en guerre. Je n’ai rien contre Cellou, il n’a qu’à dire ce qu’il veut. »

Ce sont, à s’y méprendre, des signes qui ne trompent pas.

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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