Manifestations : Le Gouvernement réagit à la menace de l’opposition

Le dialogue politique entamé depuis le 18 juin est en panne ! Pouvoir et opposition restent toujours divisés autour des certains points, notamment celle concernant la mise en place des délégations spéciales conformément aux résultats des élections législatives, en lieu et place de la tenue des élections communales avant la présidentielle, qui était l’une des revendications de l’opposition.

Au 15ème jour du dialogue politique (18juin au 3 juillet), un accord d’étape a été signé vendredi 3 juillet 2015, entre la mouvance, le Gouvernement et la communauté internationale sans l’opposition, qui a boudé les travaux.

A l’issue d’une réunion de concertation, les opposants ont décidé de se retirer du dialogue politique et ils envisagent de reprendre les manifestations de rue dès après le mois Saint de Ramadan.

Une menace qui semble perturber le sommeil du camp présidentiel, quant on sait les risques liés aux manifestations politiques à 3mois de la présidentielle.

C’est pour toutes ces raisons que le gouvernement réagit à cette menace de l’opposition.

Par la voix du porte parole, le gouvernement met en garde contre des troubles qui, Albert Damantang Camara, risquent de compliquer la poursuite du dialogue politique.

Extrait de sa déclaration….

« Ces manifestations ne vont que rajouter à la confusion et rendre plus compliquée la poursuite du dialogue. On le sait très bien on va entrer dans le cycle récurrent de violences, dégâts humains et matériels, procès, demandes de libérations de militants transformées en préalables, intransigeance des forces de l’ordre et des victimes, etc.

(…)

Avec tout ce qui a été dit autour du calendrier électoral, il a fallu à peine deux séances de dialogue pour que la CENI démontre à tout le monde que la tenue des élections communales n’était pas possible avant la présidentielle. Cette question n’est plus discutée.

Rendez-vous compte que l’opposition a quitté la table des négociations parce que deux points n’ont pas fait l’objet d’accord alors que les trente trois autres points avaient trouvé une solution consensuelle.

Il subsistait d’une part la question du remplacement de leurs commissaires à la CENI et d’autre part le remplacement des 342 élus locaux par des personnes désignées par leurs partis respectifs sur la base des résultats des élections législatives.

Premièrement, remplacer un commissaire de la CENI est une violation de la Loi. Deuxièmement, la seule hypothèse de remplacement d’un élu local par un non-élu est celle des délégations spéciales. En revanche, remplacer un élu local par une personne désignée par son parti sur la base d’une autre consultation électorale n’est ni prévu par les textes ni cohérent d’un point de vue de la légitimité démocratique.

Les propositions contenues dans l’accord prévoient tout de même d’utiliser les résultats des élections législatives pour permettre à l’opposition d’avoir des représentants dans les délégations spéciales. Il va plus loin en permettant que dans toutes les 342 collectivités locales l’opposition dispose d’un superviseur chargé de veiller à la neutralité des conseillers communaux.

Il faut rappeler que le projet d’accord prévoit également un comité de suivi-évaluation de la consolidation du fichier et de la finalisation de la liste électorale. L’opposition dispose de deux experts dans cette commission, au même titre que la majorité présidentielle et la société civile. Ce Comité est coordonné par un collège d’experts internationaux. »

Je crois qu’en plus de tous les autres points, il est difficile d’aller plus loin pour garantir un processus électoral fiable et équilibré. »

Abdoul Wahab Barry, www.kababacxhir.com

 

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