Marchés de gré à gré : Rachid Ndiaye s’emmêle les pinceaux

Rachid Ndiaye poursuit sa mission périlleuse en France pour polir l’image de la gouvernance d’Alpha Condé, celui-là même qui porte le nom du père de ce ministre de la communication. Pour y arriver, l’option est simple : accabler les opposants, applaudir la gouvernance dans le plus grand mensonge.

C’est ainsi que le ministre s’est emmêlé les pinceaux avec un goût d’inachevé. Il voulait en effet, démentir le rapport de la Banque mondiale, indiquant que dans certains secteurs de l’économie guinéenne, 9 marchés publics sur 10 sont conclus de gré à gré, sans aucune mise en concurrence. « Le marché de gré à gré, ce ne sont pas des marchés illégaux. Si vous regardez les Etats-Unis, le nombre de marchés de gré à gré qu’il y a, c’est énorme. Il y a quand même beaucoup d’éléments de crédibilité que la Banque mondiale observe en Guinée, notamment par exemple la poursuite du programme », répond évasivement le ministre.

Rachid Ndiaye entre dans une nébuleuse qu’il maitrise très peu. En effet, Alpha Condé attribue des marchés publics à ses proches, à sa famille politique et biologique, à ses amis, copains et autres coquins rencontrés ici et ailleurs. Mais, lui-même dénonce la façon dont sa gouvernance est malmenée. Alpha Condé est absolument atypique. Il marche sur le Code des marchés publics et se pose étrangement en garant des lois de la République.

Le président de la République crache sur un outil juridique dont lui-même a promulgué la Loi/2012/020/CNT. Il trace ainsi une ligne à suivre pour ses nombreux autres ministres (13 sur 15 départements ministériels, selon un rapport dit spécial, gardé top secret ou bloqué auprès du Cabinet d’Ibrahima Kalil Kaba) qui ont excellé dans le gré à gré, comme Ibrahima Kourouma du Pré-Universitaire, de Mariama Camara des TP, etc…

Cette Loi fixe pour autant les règles régissant la Passation (Direction nationale des marchés publics) de Mme Touré, le Contrôle (Administration et contrôle des grands projets et des marchés publics) pilotée par le très discret RPGiste, Mamady Thales Camara et la Régulation (Autorité de régulation des marchés publics – ARMP) que malmène un certain Jonas Mukamba Kadiata Diallo, paria du Patrimoine bâti public et curieux remplaçant de la tête de Turc Guillaume Curtis. Voilà l’attelage qui facilite tout à Alpha Condé dans sa politique d’octroi à outrance des marchés de gré à gré, notamment dans les Travaux publics, les Mines, l’Energie, etc. Qu’en dit donc le Code des marchés publics sur ce fameux gré à gré ?

Dans son article 37 du Code des marchés publics est dit marché de gré à gré ou entente directe tous marchés passés sans appel d’offres, après autorisation spéciale du ministère des Finances, justification par l’autorité contractante et avis motivé de l’ACGPMP de Thalès Camara. Le gré à gré devrait mettre en concurrence au moins trois candidats susceptibles d’exécuter le marché. Dans l’article 38 du même Code, il est stipulé que l’ACGPMP et la DNMP veillent à ce que, sur chaque année budgétaire, les montants additionnés des marchés de gré à gré passés par chaque autorité contractante ne dépassent pas 10% du montant total des marchés. Une réelle fiction car, même la Présidence de la République dans cette situation de gré à gré avec un montant TTC de près de 5 milliards GNF.

Selon le rapport dont Kababachir.com a une copie, entre 2013 et 2015, c’est plus 1 544 marchés qui ont été octroyés à 1 167 entreprises. Chaque année, les mêmes marchés, les mêmes entreprises. A titre illustratif : Soneci SA, seulement en 2015 a eu 7 marchés avec un montant TTC/GNF de 32 722 423 455. La main d’un ancien haut cadre du Pré Universitaire est citée, c’est une société qui fournirait de la craie à l’Etat ; Ets Mou-Na (Ce nom vous dit ?) a lui trouvé 6 marchés avec 9 799 264 190 GNF. Rachid Ndiaye doit pouvoir révéler cela et indiquer dans quelle condition le gré à gré est fait. Au lieu de mentir.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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