MASSACRES DU 28 SEPTEMBRE : La CPI est-elle complice de l’Etat guinéen ?

C’est avec une relative discrétion que des émissaires de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) ont récemment séjourné en Guinée. Ils étaient, dit-on, venus s’enquérir du niveau d’avancement du dossier devant déboucher sur le procès des odieux massacres du stade du 28 septembre. Mais ils se sont faits si petits que l’on est en droit de se demander s’ils ne sont pas quelque peu indulgents avec les autorités guinéennes ? D’autant qu’ils semblent disposer à avaliser tous les arguments que la Guinée donne pour justifier le retard que connait l’ouverture de ce procès.

En effet, selon nos informations, c’est au mois de mai prochain que la délégation de la CPI devrait revenir en Guinée. Sauf qu’en attendant, on ne sait pas trop ce qu’elle dite avec les autorités guinéennes.

Les émissaires de Fatou Bensouda n’ont pas communiqué autour du niveau d’avancement du dossier. Une démarche inhabituelle qui amène à s’interroger. On se souvient qu’à la veille des élections présidentielles, le capitaine Moussa Dadis Camara manifestant son intention de nouer une alliance politique avec Cellou Dalein Diallo, l’Etat guinéen avait promptement dépêché une mission en charge d’inculper l’ancien dirigeant de la  Transition. A l’époque, tout le monde avait dénoncé une démarche dictée par l’agenda politique et ayant pour finalité de faire peur à Dadis.

Le ministre de la justice avait alors rétorqué qu’il ne s’agit que de l’exécution d’un calendrier ordinaire de la procédure. Dans la foulée, Me Cheick Sako nous avait annoncé que le procès s’ouvrirait d’ici à la fin de l’année. Deux mois après le début de l’année, il n’est toujours pas ouvert. Et on nous annonce encore que la prochaine mission de la CPI est prévue pour mai. Ce qui sous-entend que jusqu’à ce mois, le jugement n’aura pas démarré. Et la CPI se tait sur tout ça.

N’est-ce de la complicité tacite ?

Anna Diakité, www.kababachir.com

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