Me Cheick Sacko : la mauvaise foi d’un ministre troublé

Me Cheick Sacko,le Garde des Sceaux est manifestement mal placé pour parler d’Etat de droit, près de dix ans en sa qualité de ministre de la Justice en Guinée. Lui qui a croisé les bras, des années durant, face à la cristallisation des clivages ethniques  qui se s’est traduite par des discours haineux, des appels à la violence, à l’insurrection populaire, aux casses, aux assassinats ciblés, etc.

Oui, des années durant, Me Cheick Sakho est resté incapable d’organiser le procès des massacres du 28 septembre. Il s’est limité à des fausses annonces de dates. Ce Garde des Sceaux aura été l’un des piètres ministres que le régime d’Alpha Condé n’ait jamais connu. Troublé par on ne sait quoi, ce ministre s’est révélé de mauvaise foi. C’est aujourd’hui, après de graves crimes commis par des hauts cadres de l’Etat, des citoyens, voire d’hommes politiques sans réactions que ce fameux ministre peut enfin sortir ses griffes et déclarer : «On est dans un Etat de droit, c’est la loi qui doit nous régir. Elle est au-dessus de tout le monde. Il faut qu’on la respecte y compris la  Justice». Et s’adressant à Dalein Diallo, Me Sacko dit : «Je voudrais dire avec tout le respect au chef de file de l’opposition que dans un Etat de droit tout n’est pas politique. Dans un Etat il y’a également le droit, la justice, l’égalité. »

Savait-il vraiment cela, ce ministre aphone, incapable et irresponsable ? Où était-il lorsque tous les multiples crimes politiques et autres se commettaient à son nez et à sa barbe ? Qui a même dit que : « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». La phrase culte rappelle Jean-Pierre Chevènement, tout juste élu maire de Belfort, à l’occasion d’un remaniement, ce ministre de la Recherche et de l’Industrie Jean-Pierre Chevènement quitte le gouvernement. Il s’agit en fait d’une démission.C’est donc une responsabilité historique, car, Chevènement, avait « un certain sens de l’Etat ». Tout aussi Français,  le ministre guinéen de la Justice devait refuser qu’on torpille les droits de l’homme en Guinée. Sans aucune hypocrisie.

Hélas, la langue de bois aidant, Me Sakho préfère l’accommodement.  « Dans notre pays ça ne va pas en matière de droit de l’homme. Je suis membre du gouvernement mais je le dis.  Mais il ne faut pas croiser le bras. Le jour qu’on a plus besoin de moi, on va me remercier. » Un coup de bluff d’un ministre qui renvoyait en lui, les espoirs les plus fous dans la réforme de la justice. Que de la poudre aux yeux. Juste une désillusion. Me Sacko, on ne vous apprend pas : « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule. » Ousmane Gaoual Diallo avait vu à juste titre : « Je crois qu’il y a un chantier immense qui devrait vous préoccuper (le Garde des Sceaux, NDLR) en lieu et place de la défense d’un ambassadeur qui outrepasse ce que lui confère le droit international. Voilà pourquoi monsieur le ministre il m’est loisible de vous demander de vous ressaisir pour la dignité de notre peuple au nom du quel je m’exprime».

 Me Cheickh Sakho est tout sauf ce que l’opinion se faisait de l’homme. Magistrat au barreau de Montpellier, ce titre devrait donner l’actuel ministre des Grades Sceaux une certaine réputation. Apprécié au départ dans son implication dans la gestion du dialogue inter guinéen, ce ministre est aujourd’hui, une imposture. Soûlé par sa reconduction, il va dans tous les sens. Confond tout, intimide et prend le large. Aujourd’hui il prend parti, tentant de diluer l’Exécutif au judiciaire.

Récemment, avec l’assassinat du journaliste El hadj Mohamed Diallo, il s’est fait davantage découvrir. Selon l’UFDG, par la voix de Fodé Oussou Fofana, pour le ministre, les présumés coupables le sont parce qu’ils de ce parti.   «Je ne suis pas d’accord avec le ministre de la justice. Il est allé très loin de son rôle de ministre. Il n’a pas à s’immiscer dans ce dossier. » Et le député de regretté comme tous les autres observateurs épris de justice : « On avait espéré avec la nomination de Maitre Cheick Sako comme il venait d’un pays respectueux des droits de l’Homme et où la justice est indépendante. Mais, il vient de révéler son vrai visage », tranche Fodé Oussou, au micro de Guinée matin.

Aujourd’hui, le ministre de Justice est devenu un ministre faire valoir. Au même titre que le mentor qu’il semble défendre ou rendre service. Réforme de la Justice ? Un mirage.

Scandaleux !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.