Me Kabèlè Camara dans la politique : quelles chances?

En attendant de savoir réellement si c’est un pion – au-delà de ce qui se raconte – d’Alpha Condé au compte de 2020, le retour sur la scène publique de Me Kabelè Camara en qualité d’homme politique alimente le débat. Le discours tenu à cet effet est tout de même sans équivoque : « Il est grand temps pour nous Guinéens de rompre définitivement avec le cycle infernal de la mal gouvernance, des crises institutionnelles quasi permanentes qui mettent en péril la jeune démocratie de notre pays. »

En se lançant dans le marigot politique déjà très étriqué, Me Kabèlè Camara l’ex-membre du barreau guinéen estime tout d’abord qu’il faut rompre avec « Le communautarisme et  renouer avec le travail en mettant l’accent sur la rigueur, la justice et la solidarité. C’est à ce prix que chaque Guinéen pourra s’écrier « Mon pays, ma fierté ! ». Ce constat est général. La Guinée est sous le poids de la cristallisation ethnique sans précédent. Pour mieux imposer une certaine adhésion à son mouvement politique, il tire la couverture sur lui : « Jamais nous n’avons été associé ni de près ni de loin à une entreprise de détournement de biens publics. A aucun moment, au cours de cette période, nous n’avons été mêlés à des affaires pouvant mettre en cause notre probité ou notre sens du service public. Tout au long de ces années de responsabilité, nous avons toujours mis en avant l’intérêt général. Même si parfois, nous n’étions pas toujours compris. »

Suffit-il vraiment pour réussir en politique ? Le fait de ne pas être associé à des entreprises de corruption pourra-t-il favoriser une grande adhésion ? Des questions et d’autres qui méritent bien d’être analysées. Il y a des mois en effet, Abdoul Kabélé Camara avait été pressenti comme le successeur de Mohamed Said Fofana au palais de la Colombe, alors qu’il était encore ministre délégué à la Défense. Dans le passé, il a été tour à tour bâtonnier de l’ordre des avocats et chef de la diplomatie guinéenne du gouvernement de large consensus de Lansana Kouyaté. L’intéressé lui-même n’a pas manqué de rendre un hommage  « à l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté qui, pour la première fois, m’a lancé dans le gouvernement et qui m’a permis d’acquérir l’expérience gouvernementale sous la clairvoyance de notre regretté président Lansana Conté. Je rappelle que c’est ce dernier, pour la première fois, a signé le décret pour m’envoyer au ministère des Affaires Etrangères, à la Coopération Internationale et au département de Guinéens de l’Etranger. Je n’oublierai jamais ces moments. »

Nommé par Alpha Condé en 2011,comme ministre à la Défense nationale puis ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Kabélè Camara n’a tout de même jamais été vu dans la mamaya du RPG, dans le zèle connus et reconnus chez nombreux ministres de la République. Très éloigné donc de la chose politique, il lui serait difficile de tordre le cou à sa posture pour se livrer aux manœuvres politiques : mensonges, promesses, coups bas et délation. Ce qui est évident, il jouit d’une grande audience, selon ses proches. Il pourrait donc constituer avec Kiridi Bangoura et les autres de grands enjeux pour la Basse-côte en général et Coyah en particulier. Pour peu qu’il ne soit pas un pion d’Alpha Condé pour 2020 ou au-delà.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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