Me Vincent Brengarth : « Les juridictions guinéennes manquent d’indépendance »

Le chef de la transition en Guinée, Mamadi Doumbouya est visé par une plainte en France. L’avocat français Vincent Brengarth défend le dossier. Interview

Le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya, meneur du dernier coup d’État en Guinée, est un soldat très instruit et aguerri qui a servi dans la Légion étrangère française

La plainte a été déposée ce jeudi (08.09.2022) devant la justice française. Les plaignants sont le FNDC, une coalition d’opposition composée de partis, de syndicats et d’organisations de la société civile, ainsi que les familles de trois personnes « tuées par balle » dans des manifestations antipouvoir et d’une décédée en détention, entre fin juillet et mi-août.

Le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, est poursuivi pour « complicité de torture » et « d’homicides volontaires ».

L’un des avocats du Front national de défense de la constitution (FNDC), Me Vincent Brengarth s’exprime sur la DW au sujet du choix de la justice française. Ecoutez ou lisez son interview en cliquant sur le lien ci-dessous:

https://www.dw.com/fr/vincent-brengarth-les-juridictions-guin%C3%A9ennes-manquent-ind%C3%A9pendance/a-63103444

Me Vincent Brengarth : « Les juridictions guinéennes manquent d’indépendance »

Me Vincent Brengarth : Cette plainte vise les exactions qui ont été commises ces derniers mois, notamment dans le cadre des répressions des manifestations de la société civile. Et nous, nous visons le colonel Doumbouya comme étant un probable ordonnateur de cette répression et pour le rôle évidemment central qu’il occupe et joue au sein de la junte militaire.

DW : Pourquoi avoir choisi la justice française ?

Me Vincent Brengarth : Nous avons choisi la justice française, déjà, parce que nous avons malheureusement acquis la certitude que les juridictions guinéennes, en raison de leur absence d’indépendance, ne vont pas être en capacité de pouvoir juger des exactions commises par la junte militaire. Donc, désormais, les poursuites semblent davantage concerner les membres de la société civile que les responsables d’exactions.

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Donc, quand vous avez une impossibilité pour des juridictions internes d’avoir à connaître ces faits d’exactions, il faut que vous vous tourniez vers d’autres juridictions. Nous avions signalé à la Cour pénale internationale les exactions qui avaient été commises par la junte. Mais il nous a semblé légitime de le faire également devant les juridictions françaises parce qu’elles sont compétentes.

Compte tenu du fait que nous avons des éléments qui démontrent que le colonel Doumbouya aurait la nationalité française. C’est un ancien légionnaire français qui a sa vie de famille en France, qui a une épouse française.

Donc non seulement, et ça c’est le premier point, et deuxième point, les juridictions françaises peuvent être compétentes en vertu d’un principe désormais acquis, qui est celui de la compétence universelle, qui fait que pour les crimes les plus graves, elles peuvent être compétentes à partir du moment où une personne, par exemple, se rend régulièrement en France.

Source: dw.com

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