« Même pour CNN, cet africain est le vrai père de l’Internet »

L’ancien président américain Bill Clinton le surnomme « Bill Gates africain », mais pour CNN, cet informaticien nigérian de 54 ans est le père de l’Internet. Lauréat du prix Gordon Bell en 1989 (la plus haute distinction dans la recherche en informatique), Philip Emeagwali œuvre depuis des décennies pour l’industrialisation de l’Afrique car selon lui : « L’Afrique périra si elle continue à consommer ce qu’elle ne produit pas et à produire ce qu’elle ne consomme pas. ».

Lors d’une conférence devant la communauté africaine à Valence en Mai 2008 il déclare que si rien n’est fait, au moment de célébrer les 100 ans de la création de Organisation de l’Unité Africaine (devenue Union Africaine) un article de journal se libellera ainsi : « Les dernières parties de la forêt équatoriale vont bientôt disparaître, traversées par des pipelines et des plateformes de forage des usines de raffinage de gaz naturel. La pollution globale sera le legs des générations futures. Les réserves pétrolières offshore de l’Afrique sont taries. Les installations pétrolières abandonnées deviendront alors un objet d’attraction pour les touristes. Les constructions qui accueillaient les bureaux et les usines des compagnies pétrolières se transformeront en villes fantômes. Dans un monde sans pétrole, le transport aérien va disparaître, et les hommes recommenceront à traverser les mers avec des navires à vapeur. Les fermiers utiliseront des chevaux à la place des tracteurs. La faux remplacera la moissonneuse batteuse. A mesure que les cultures diminueront, la famine envahira le globe. Sans moyens de faire rouler leurs véhicules, les parents resteront chez eux, sans boulot et les enfants marcheront pour aller à l’école ».

Pour Philip Emeagwali, il est certain comme la mort que les réserve actuelles ne conduisent pas l’humanité à plus de 40 ans, et qu’au lieu de se demander quand l’Afrique sera à bout de ses ressources naturelles, l’on peut se demander que fait l’Afrique de son pétrole et de ses matières premières

Il poursuivra son discours sur l’aspect capital intellectuel et affirmera : « Actuellement, l’équivalent de 100 CFA francs en minerais de fer vaut le double une fois transformé en pots pour boire et réexporté vers l’Afrique. La même quantité vaudra 65 000 dollars, une fois transformée en aiguilles en Asie, 5 millions de CFA francs sous forme de bracelets à montres en Europe…. Sans un capital intellectuel africain, le fer extrait de l’Afrique continuera à être transformé en Europe et à être réexporté en Afrique à des prix énormes. Pour rompre avec ce schéma, le continent devra promouvoir la créativité et l’éducation, indispensables pour donner de la valeur à ses matières premières. La pauvreté n’est pas l’absence d’argent, mais plutôt l’absence de connaissances. »

Le super génie de l’informatique, a contribué à faire économiser à l’industrie pétrolière des milliards de CFA francs en contribuant par des programmes informatiques à résoudre le problème des fuites dans les réservoirs de pétrole. Dans les années 80, il a inventé l’ordinateur de calcul le plus rapide au monde qui donnait à son utilisateur une avance d’une décennie.

Philip Emeagwali est titulaire de trois maîtrises de sciences de l’informatique, du génie maritime, du génie civil et environnemental, ainsi que d’un doctorat en mathématiques appliquées.

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