En mission d’enquête à Ignace-Deen, une journaliste interpellée et conduite à la DPJ, raconte sa mésaventure…

Notre consœur Mariam Kouyaté, journaliste à la radio Lynx Fm, en mission d’enquête au Centre Hospitalo-Universitaire d’Ignace Deen, a été interpellée mercredi par des agents de sécurité et conduite à la Direction de la Police Judiciaire.

La seule faute commise par notre consœur est d’avoir mené une enquête à l’ l’hôpital Ignace-Deen, pour toucher du doigt les réalités et l’état de nos structures de santé.

Interpellé sur ordre du Directeur d’Ignace Deen, Mohamed Awada, elle a été conduite à la DPJ, avant d’être libérée.

Se confiant à notre confrère de Guineematin.com, notre consœur raconte sa mésaventure. Extraits…

« C’est ce matin en conseil de rédaction, mon rédacteur en chef m’a chargé d’aller à l’hôpital Ignace-Deen pour faire une enquête. Il paraîtrait qu’il y a un manque criard d’eau à l’hôpital Ignace-Deen. Donc, après le conseil, je suis allée sur les lieux. Arrivée, j’ai présenté mon badge à la rentrée principale et on m’a laissé entrer, je faisais le tour dans la cour pour constater effectivement s’il y a un manque d’eau dans cet hôpital. J’ai regardé, je n’ai pas vu de robinet, je demandais où sont les patients ou-bien ceux qui accompagnent les malades, comment ils font pour avoir de l’eau. Donc, je suis allée vers les toilettes pour voir s’il y a effectivement de l’eau dedans. Au moment où je sortais des toilettes, j’ai vue une dame avec un sceau, elle partait pour chercher de l’eau. J’ai interpellé cette dame, je lui ai dit que je suis journaliste et que je souhaitais réaliser une interview avec elle, je lui ai dit mon sujet de reportage et elle m’a dit qu’il n’y a pas de problème. Donc, on est allé derrière les toilettes, je faisais l’interview avec cette dame, elle m’a dit son constat. Elle m’a dit qu’elle est venue accompagner son mari depuis deux jours. Au moment où on finissait l’interview, il y a un médecin qui est venu, je ne sais pas comment est-ce qu’il nous a vue. Il m’a demandé qu’est-ce que je faisais ici, alors je me suis présentée à lui. Il m’a demandé comment est-ce que je suis rentrée, je lui ai expliqué que j’ai présenté mon badge à la rentrée principale et que c’est le vigile qui m’a laissé rentrer. Après, il m’a demandé mon badge, j’ai sorti le badge et ensuite il l’a retiré et m’a dit de le suivre. Je suis allée à son bureau, il a commencé à me raconter des histoires, que ce que j’ai fait n’est pas normal et qu’il faut que je passe voir la Direction. Il a commencé à crier et m’a dit qu’il va me conduire chez le Directeur général, on est allé voir monsieur Awada, celui-ci m’a posé les même questions, à savoir comment est-ce que je suis rentrée dans cet hôpital, il m’a demandé si j’ai un ordre de mission. Ensuite il a dit que ce que j’ai fait n’est pas bon, il a appelé certains de ses collègues médecins et celui qui m’a envoyé vers lui. Après, il a instruit à ce qu’on me retire mon dictaphone et détruire tous les éléments qui s’y trouvent. Je dis non, je ne donne pas mon dictaphone. Après, il (Mohamed Awada, Ndlr) a appelé les agents qui sont chargés de la sécurité de l’hôpital pour me déposer à la DPJ. Arrivée là-bas, on est allé voir le commissaire, on s’est expliqué, lui même a pris mon badge et a dit que les agents n’avaient pas le droit de me retirer mon badge, il m’a donné mon badge. Par après, il nous a conduits chez le Directeur central adjoint de la DPJ, là-bas aussi on s’est expliqué comment ça s’est passé. Ce dernier aussi leur a dit qu’ils n’avaient pas le droit de m’escorter aussi de cette façon, parce que je n’ai rien volé et que si je dois mener des enquêtes, c’est normal que j’ai un ordre de mission, mais que les agents n’avaient pas aussi le droit de m’escorter de la sorte. Finalement, le commissaire a demandé aux deux agents de s’excuser et de me laisser partir, mais ça coïncidé à l’arrivée de beaucoup de journalistes, ils ont aussi vu que l’affaire a pris de l’ampleur. Heureusement ils ne m’ont pas brutalisée. », s’est réjoui Mariam Kouyaté, peu après sa libération.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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