MOBILISATION ELECTORALE : Que se passe-t-il ?

Ayant mené sa campagne avant les autres (avant qu’elle ne soit officiellement lancée), le président de la République, candidat à sa propre succession, avait drainé dans son sillage des foules aussi impressionnantes que chez certains, on s’était dit que le jeu est joué. La dernière démonstration en date, ce sont les foules que le passage du chef de l’Etat a provoquées dans les villes et villages du Fouta Djallon. Ces grosses mobilisations étaient d’autant plus surprenantes que cette région passe pour un basiton imprenable de son challenger le plus en vue, à savoir Cellou Dalein Diallo
Mais depuis que les principaux leaders de cette opposition se sont résolus à aller en campagne, les choses s’équilibrent peu à peu. Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo aussi drainent du monde, en dehors de leurs fiefs respectifs. C’est particulièrement remarquable avec le chef de file de l’opposition à Kissidougou, Guéckedou et N’Zérékoré. Dans cette dernière ville, il s’est même moqué du candidat-sortant en indiquant que les militants que ce dernier avait réussi à mobiliser étaient plutôt sortis parce que contraints et forcés par les autorités locales. Il a aussi évoqué la dimension argent qui, comme le démontrent les images du chef de l’Etat distribuant lui-même des liasses de billets de banque, sous-tendraient les dernières virées que le chef de l’Etat a effectuées dans quatre régions de l’intérieur du pays.
Justement, il serait important de savoir ce qui mobilise les Guinéens autour des leaders. Comment se fait-il que tous les principaux leaders mobilisent au même titre ? Seraient-ce les mêmes individus qui, par cupidité, acclameraient tout le monde pour se faire quelques sous ? Ou bien, au-delà du slogan un coup K.O, la bataille pourrait être davantage disputée ?
En l’absence de structures de sondage pouvant éventuellement permettre de cerner de plus près les comportements électoraux des Guinéens, ces questions demeureront en suspens jusqu’à la tenue du premier tour. Un mystère aussi bien pour les simples observateurs que pour les acteurs politiques, eux-mêmes. D’où l’hypothèse de surprises désagréables auxquelles certains d’entre eux pourraient faire face au lendemain du scrutin.   
Anna Diakité, www.kababachir.com 

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