Mouctar Bah signe et persiste: « Je ne me reproche de rien… »

« Je n’aime pas trop engager de polémiques entre les autorités guinéennes, qu’elles soient civiles ou militaires et moi. Je n’ai pas besoin de ça. Je ne suis pas un plaisantin, je suis journaliste, j’aime ce que je fais. Et en le faisant, je le fais avec honnêteté et transparence».
C’est en ces termes que le correspondant de RFI a réagit à l’annulation de son accréditation par la Haute Autorité de la Communication.
S’exprimant chez nos confrères de Mediaguinee.com jeudi matin, Mouctar Bah signe et persiste: »je ne me reproche de rien, parce que j’ai cité mes sources »
«Quand on me dit que j’ai fait des choses, je n’ai pas équilibré, on n’est pas obligé, c’est-à-dire quand quelqu’un cite des sources, il dit selon telle source. Moi, je n’ai pas dit selon une source concordante ou bien informée. J’ai dit selon des proches des victimes. Les proches des victimes là existent. Ils veulent même témoigner, ils sont venus chez moi pour me le dire. Quand on m’a invité à la HAC, qu’ils (proches des victimes, ndlr) voulaient aller avec moi pour témoigner, je leur ai dit : ‘’attendez qu’on vous appelle’’. Je vais à la HAC et je dis cela aux commissaires de la HAC et la présidente. Et la présidente de la HAC dit par après que moi j’ai dit que je n’ai pas de preuve de ce que j’ai affirmé. Comment on peut dire des choses comme ça ? Je suis désolé, j’ai dit à madame la présidente de la HAC, de jour comme de nuit, je peux présenter ces preuves, j’ai dit selon les proches des victimes. Nous, c’est comme ça on travaille. Tu entends parfois sur RFI, les grandes radios dire selon l’AFP, etc., ça veut dire quoi? Que c’est sourcé », renseigne le correspondant de RFI en Guinée.
Parlant du plaignant, qui n’est autre que le ministère de la Défense nationale, Mouctar Bah estime que les autorités guinéennes n’avaient qu’à lui demander de s’exprimer pour démentir les accusations, parce que, explique-t-il,  »si je refusais de répondre à leur invitation, là je serai fautif. Mais le lendemain, j’ai tout fait quand Aladji Cellou (responsable de la Direction de l’information et des relations publiques des armées *DIRPA, ndlr) m’a appelé pour me dire qu’ils ne sont pas contents, je lui dis puisque, tu m’as appelé pour me dire que vous n’êtes contents, maintenant je dois avoir ta réaction. Il dit non, qu’il ne veut pas parler. Je lui ait dit alors trouve- moi, quelqu’un pour parler. J’ai les SMS qu’on a échangés, j’ai tous les coups de fil encore sur mon téléphone. Il m’a donné des numéros de téléphone des militaires que j’ai appelés. Ils m’ont dit non, on ne peut pas parler parce qu’on n’a pas de mandat de l’état-major de l’armée. J’ai dit ok, faites tout pour avoir le mandat de l’état-major de l’armée, après vous m’appelez, là vous pouvez me dire où vous êtes, et je viendrai vous voir. Mais impossible!
‘’J‘ai appelé Lansana Komara (ministre de l’enseignement technique et haut responsable du Rpg Arc-en-ciel, ndlr) pour lui dire de me trouver quelqu’un du RPG pour réagir à ces accusations-là parce qu’elles sont graves. Il m’a donné des contacts, j’ai appelé toute la journée, j’ai envoyé des sms, on ne m’a pas répondu. La nuit, Souleymane Keïta qui parle souvent au nom du RPG, m’a envoyé un sms à 20heures 30 pour me dire c’est maintenant que je vois tes appels et tes messages. Qu’est-ce que je n’ai pas fait? Donc je ne me reproche de rien», laisse entendre le correspondant de RFI.
A rappeler que dans un communiqué rendu public peu après l’annulation de l’accrédidation de Mouctar Bah, RFI a réaffirmé son soutien Mouctar Bah, qui selon la radio mondiale, est l’un des journalistes les plus chevronnés de Guinée.
En réaction de la décision de la HAC mettant en demeure le média à diffuser un droit de réponse du ministère de la Défense nationale, RFI rappelle que son antenne a toujours été ouverte à tous et qu’elle le demeure.
Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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