Nomination des officiers de l’armée dans les ambassades: Faut-il craindre un agenda caché ?

Le Président Alpha Condé a procédé lundi à la nomination des plusieurs officiers de l’armée guinéenne aux postes d’Ambassadeurs dans les différentes représentations diplomatiques de la Guinée.

Parmi les officiers promus, figurent Général Aboubacar Sidiki Camara, précédemment directeur de Cabinet au Ministère de la Défense nationale nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée au Cuba. Mais aussi le Général Edouard Théa, précédemment chef d’Etat-Major général adjoint de l’armée de terre, nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée en Angola et le Général Ansoumane Camara, précédemment Haut commandant en second du Haut commandement de la Gendarmerie nationale, direction de la justice militaire devenu ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée en Guinée Bissau ou bien le Général Fodé Keita, précédemment chef d’Etat-major général de l’armée de terre, envoyé au Mali.

Ces nominations des officiers supérieurs de l’armée intervenues le jour même du coup de force avorté au Gabon et au moment où le mandat des députés tire à sa fin, suscite des interrogations. Nécessité de service ou agenda caché ?

En tout état de cause, bon nombre d’observateurs y voient de cette nomination des officiers des forces armées dans la diplomatie, une manière d’éloigner certains hauts gradés dont on aurait des craintes et en prévision d’un éventuel putsch, au cas où président Alpha Condé, tenterait de modifier la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat. Pour l’instant, le Chef de l’Etat, qui a le pouvoir discrétionnaire, n’a toujours pas tranché face aux rumeurs devenues de plus en plus persistantes, sur ses intentions de tenter de briguer un 3ème mandat.

S ‘agit-il d’une réorganisation de l’armée ? Pourquoi envoyer des officiers supérieurs ayant pris une part active dans la reforme des forces de défense et de la sécurité, garant de la démocratie et des institutions républicaines,  comme représentants diplomatiques ?

Un analyse politique va jusqu’à se demander si « La diplomatie guinéenne est si FORTEMENT en crise qu’il est devenu URGENT de faire appel à des cadres des Forces de Défense et de Sécurité pour sauver les meubles. Ou bien il faut fabriquer rapidement des diplomates pour les envoyer aux quatre coins de la planète pour « sauver » l’image de la Guinée à l’étranger et en même temps, c’est le plus important, déstabiliser et débarrasser l’armée de ses FORTES TÊTES. »

Dans cette Vision, ajoute-il, « Il est question de faire de pas moins de quatre hauts gradés de l’armée guinéenne, des diplomates dans des pays qui ne requièrent nullement une relation militaire particulière avec la Guinée. »

Voilà tant nombre de questions que l’on se pose aujourd’hui et dont seul le locataire du palais Sékhoutouréyah pourrait apporter une réponse claire et précise à ces préoccupations.

 

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

 

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