« Nous avons prévu ce sit-in pour soutenir les enseignants qui ont été victimes de gel de salaire »

Le sit-in appelé par le SLECG à Labé n’a duré que quelques minutes devant la direction préfectorale de l’éducation. Les forces de l’ordre ont dispersé les enseignants à coup de grenades lacrymogènes. Ceux-ci ont au nombre d’une cinquantaine ont par la suite transformé leur sit-in en une marche. Le complexe scolaire privé a été la cible de certains élèves. Des dégâts matériels importants et un blessé léger  sont à déplorer.

A 7 heures déjà, les enseignants  grévistes  munis de leurs pancartes avaient pris place en face de la direction préfectorale de l’éducation de Labé. Ils dénoncent le gel de salaire et les intimidations dont certains sont victimes comme l’explique Issa Soumaré, secrétaire administratif du SLECG de Labé : « Nous avons prévu ce sit-in pour soutenir les enseignants qui ont été victimes de gel de salaire. Parce que nous avons remarqué qu’ils ne se sont basés sur aucune loi pour geler le salaire des grévistes. C’est pourquoi nous sommes venus faire le sit-in devant la DPE et vous avez vu comment ça s’est passé. Ils ont envoyé les forces de l’ordre pour nous violenter. Nous voulions juste exprimer notre ras-le-bol, malheureusement on a été repoussé. Comme on a été repoussé, nous passons à notre plan. On c’était dit s’ils nous repoussent nous allions passés à une marche »

Quelque temps après  qu’ils aient entamé leur marche improvisée, des élèves attroupés aux abords du collège de Konkola grossissent leur rang. C’en est suivi d’une attaque contre le complexe scolaire saint André. Dounamou, censeur de l’établissement, revient sur les circonstances de l’attaque : « Nous avons monté les couleurs et avons demandé aux élèves de rejoindre les classes. Tous les professeurs étaient déjà en classe de la maternelle jusqu’en terminale. Une trentaine de minutes après, nous avons entendu du côté du collège de Konkola de jets de pierre. Une pierre a traversé la fenêtre et a gagné la tête d’un professeur.»

L’agression de cette école privée avait créé un vent de panique chez les parents qui affluaient les lieux pour récupérer leurs enfants. Les encadreurs dudit établissement dénoncent  de leur côté un acharnement : «  j’aurais pu comprendre qu’on passe dans toutes les écoles et on demande aux enseignants de sortir pour soutenir les élèves mais qu’on oriente des individus vers notre école, c’est une honte. » fustige Maxime Kolié, proviseur du lycée Saint André.

Au moment des échauffourées, trois enseignants avaient été interpellés par les forces de l’ordre qui furent libérés plus tard selon des responsables syndicaux.

Sally Bilaly Sow, correspondant régional de Kabanews à Labé

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