‘’Nous devons continuer le combat pour obtenir la libération les détenus politique’’ (Kaly Diallo, FNDC France)

 

Contrairement à ce qui avait été annoncé, le président Alpha Condé ne fait pas partie de la vingtaine de chefs d’Etat invités les 17 et 18 mai prochains l’Élysée pour le sommet sur le financement des économies africaines, fortement éprouvées par la Covid-19.

Alors que l’antenne du FNDC Europe et des ONG de défense des droits de l’homme projetaient une série de manifestations pour dénoncer les dérives autorités du régime de Conakry, notre rédaction a tendu son micro à un militant de l’UFDG.

Mamadou Kaly Diallo, chargé de l’organisation et de l’implantation du Comité de base de l’UFDG de Koloma 2, dans la Commune de Ratoma, membre de l’Antenne du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC)  en France réagit à ce rendez-vous manqué du Président guinéen dans cet entretien exclusif qu’il a bien voulu nous accorder au bout du fil.

www.kababachir.com: Bonjour M. Kaly Diallo

Kaly Diallo : Bonjour M. Barry

Contrairement à ce qui avait été annoncé, Alpha Condé ne sera pas finalement en France à l’occasion du sommet des Chefs d’Etat qui se tiendra les 17 et 18 mai prochain à Paris. Quelle est votre réaction en tant que membre du FNDC qui avait projeté une manifestation ?

Ça prouve une nouvelle fois que le pouvoir de Conakry est décrié. Les dérives autoritaires du régime ne laisse pas indifférent la communauté internationale, pas seulement la France. Nous, on avait décidé d’organiser une série de manifestations en France pour montrer à la face du monde, que ce monsieur est un dictateur et que la communauté internationale doit agir maintenant pour sauver un peuple en danger, après les élections controversées de 2020 (législatives, référendaires et présidentielles) qui ont permis à Alpha Condé de s’octroyer un 3ème mandat, en violation des dispositions constitutionnelles, qui limitait le mandat à deux.

De toutes les façons, bien qu’il ne sera pas là, parce que n’ayant pas été invité par Emmanuel Macron, nous allons continuer quand même à attirer l’attention de la Communauté internationale sur la situation qui prévaut en Guinée. Et vous avez vu récemment entendu la réaction de l’Union Européenne qui menace de sanctions ciblées des certains responsables guinéens sur les graves violations des droits humains et des principes et règles de la démocratie et de l’État de droit. 

C’est vrai que ça nous réconforte à plus d’un titre, mais nous allons continuer le combat pour instaurer un état de droit dans notre pays quelque soit le prix à payer.

Quelles sont vos principales revendications, quant on sait qu’a date, il n’y a pas d’élections en vue et les partis politiques de l’opposition et la Société civile guinéenne sont plus que jamais divisés ?

C’est vous qui le dites. En tant que responsable politique, nous allons continuer notre combat pour de la promotion d’une société démocratique en Guinée, afin de favoriser le développement socioéconomique de notre pays, veiller au respect des principes fondamentaux des droits de l’homme. Toute chose qui entreverrait cette démarche, nous, nous allons nous opposer par des voies légales. Et c’est ce que nous essayons de faire à travers le FNDC et d’autres ONG de défense des droits de l’homme.

Pour revenir à notre revendication,  nous réclamons la libération immédiate et sans conditions des détenus politiques injustement incarcérés par le régime de Conakry depuis plus de 6 mois. Et nous espérons que notre cri de cœur sera entendu.

Mais quelques militants de l’opposition ont été récemment libérés d’autres attendent leur procès…

Quelques militants, oui, injustement incarcérés. Après, on prononce un non lieu. Ils devaient même être dédommagés pour avoir passé 6 mois en prison. C’était une opération de séduction du pouvoir pour tenter un rapprochement avec Paris pour pouvoir figurer parmi les invités du sommet France-Afrique sur le financement des économies.

Mais vous savez bien que des personnalités de l’opposition guinéenne, en l’occurrence Chérif BAH, ancien Gouverneur de la BCRG, Ousmane Gaoual Diallo, Cellou Baldé, anciens députés de  l’UFDG, Etienne Soropogui, leader politique, Oumar Sylla,  »Foniké Mengué », Abdoulaye Bah, Souleymane Condé, Ismael Condé, Madic Sans frontière, sont toujours en détention. De même que le journaliste Amadou Diouldé Diallo. D’autres sont tombés malades, on leur refuse même d’aller se faire soigner. Et ce, sur des dossiers flous qu’on ne peut même pas expliquer.

Vous avez vu également la fermeture des frontières avec  certains pays voisins pour dire que c’est pour des raisons de sécurité, qui ne se justifie pas, avec ses conséquences économiques et sociales sans précédentes. Nous sommes dans quel pays ?    

Quelques détenus politiques incarcérés à la maison centrale de Conakry depuis novembre 2020

Mais Alpha Condé estime qu’il s’agit des citoyens en conflits avec la loi et non des détenus politiques. Qu’en pensez-vous ?

Mais pourquoi, ils ont été arrêtés ? Le gouvernement n’a pas montré des preuves des accusations portées contre ces opposants. Comme nous avons à faire à une justice sous ordre de l’exécutif, c’est de la pure manipulation. Tous ces détenus sont des acteurs politiques non les moindre, dont certains ont occupé de hautes fonctions au sein de l’appareil d’Etat.

Qu’attendez-vous du procès de ces détenus politiques qui devrait s’ouvrir très bientôt après le retour de leurs avocats?

Nous espérons que le droit sera dit et que ces opposants seront libérés sans aucune condition. Je pense qu’Alpha Condé devrait plutôt s’occuper des choses essentielles, c’est –à-dire, des programmes du développement pour ce nouveau mandat controversé, après le coup d’Etat constitutionnel, que de continuer toujours à faire taire des voix discordantes qui risque de replonger le pays dans des situations indésirables.

Quel est votre mot de la fin

Nous invitons l’ensemble de nos compatriotes épris de paix et de justice, de rester mobilisés afin de barrer la route à une nouvelle dictature en Guinée, continuer le combat pour obtenir la libération des opposants. Et de savoir que la Guinée, qui est un héritage commun, doit aller de l’avant, pour être un pays normal où les institutions démocratiques jouent pleinement leur rôle, au bénéfice exclusif des guinéens.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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