Par où sont passés les faiseurs de paix ?

Tibou Kamara qui faisait sans cesse la navette entre le pouvoir et les syndicalistes du SLECG autour des 8 millions GNG. Le même Tibou a sué et a offert ses services pour décrisper le climat politique guinéen à travers le rapprochement entre Dalein Diallo et Alpha Condé. En sa qualité d’ami des deux adversaires politiques, Tibou Kamara avait réussi à faire retomber l’adrénaline.

Mais, pour ne rien arranger, Alpha Condé l’a fait prêcher dans le désert avant de l’éloigner et l’occuper dans le chaudron togolais. Aujourd’hui, Tibou fait des voyages sur Lomé et assume simultanément l’intérim de Gassama Diaby, démissionnaire. Désormais et selon toute vraisemblance, Tibou Kamara n’est plus enclin à jouer les colombes de la République. Alpha Condé n’en veut plus, surtout qu’il ne respecte aucun accord issu des négociations de sortie de crise. De son côté, le Médiateur de la République s’est également essoufflé, à cause des positions tranchées, mais surtout de la crise de confiance qui existe entre protagonistes.

Said Fofana qui sait vraiment prendre de la hauteur a également tout fait pour ramener les uns et les autres autour de la table de négociations. Mais, il s’est aussi heurté au mur du régime. Il a aussi fini par se lasser. Il s’occupe désormais de ses oignons. Le Comité de suivi des accords s’est aussi éteint. Tous les faiseurs de paix ont cédé leur place aux faucons, aux discours va-t’en guerre et ethnicisés. A leur tête, un certain Damaro Camara du RPG. Il souffle sur les braises et opte pour un cynisme exubérant. De l’autre côté, Ousmane Gaoual et les autres tentent de répliquer autant qu’ils peuvent. Le pays est en danger permanent. Les faiseurs de paix se sont tout simplement tus. Les coordinations régionales activent le feu. Pour sa part, le régime branle.

On vit un climat de fin de règne chaotique. On militarise ici, banni les manifestations politiques, sociales et syndicales là. La démocratie est en souffrance en Guinée. La fin n’est plus loin, prédisent certains. Allons donc.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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