Parlement guinéen : « Un appendice de l’Exécutif », selon un député !

A quoi ressemblent vraiment l’Assemblée nationale et l’homme qui l’incarne ? Cette question divise mais bien partagée à un certain niveau par l’ensemble des députés, mouvance, opposition et non alignés. Caisse à résonnance de l’Exécutif, appendice de l’Exécutif, coquille vide, etc. On aura tout entendu, mais l’homme haut-perché du Parlement ne pipe mot. Claude Kondiano, la girafe de notre Assemblée nationale semble insensible aux nombreuses critiques formulées contre lui par ces propres collaborateurs.

« L’Assemblée nationale a vraiment échoué à sa mission qui reste entre autres de contrôler l’action du gouvernement. Le président du parlement fait peu à cet effet. C’est pourquoi, aujourd’hui, notre Assemblée nationale est pire qu’une caisse de résonnance. Même les projets soumis jusque-là passent comme lettre à la poste. » Honomou Kourouma rappelle au passage la raison d’être des députés, élus du peuple : « Les députés ne sont plus les représentants d’un quelconque parti politique mais des représentants du peuple. » Chaque pensionnaire de l’hémicycle doit le savoir, sinon, « inutile de rester dans un Parlement qui ne fait rien. » Cette lecture de ce député est sans équivoque.

A sa suite, Aboubacar Sylla et Ousmane Gaoual Diallo dénoncent eux aussi les déviances du Parlement. Le porte-parole de l’opposition déclare tout simplement que l’Assemblée nationale est un appendice de l’Exécutif. Pouvait-on vraiment s’attendre mieux quand on sait comment Kondiano s’est embarqué dans la barque du RPG qui a fini par le mettre sur orbite à l’Assemblée nationale. Au forceps, pourrait-on dire. Difficile installation. Installation tout de même. Clopin-clopant, ‘’la girafe’’ prend ses quartiers, se fait dompter par ceux-là mêmes qui ne voulaient pas du tout le sentir au RPG encore moins à la tête d’une institution républicaine comme celle du Parlement.

Kondiano manque de poigne, de punch. Mais il aura fallu lui – par rapport à Nantou, Saloum, Damaro, Ousmane Kaba, etc. -, le transfuge de l’UPG de Jean-Marie Doré pour que Condé ait la tête tranquille. Du palais, Alpha Condé peut le téléguider. Les caciques du parti autant. Ainsi, tance-t-on, dans la première année de son exercice en tant que président du Parlement guinéen, « Claude Kory Kondiano a cumulé tous les défauts qui peuvent le disqualifier voire le conduire en prison en Guinée : mensonge, fraude et la manipulation des résultats de vote au Parlement, refus de donner la parole aux députés de l’opposition, rétention d’information et opacité dans la gestion des ressources du Parlement.»

Muet comme une carpe, Kondiano ne dira aucun mot. Même avec un genou à terre…

Jeanne Fofana

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