POLITIQUE : Et si Bah Oury s’était laissé piéger ?

Réputé pour son soi-disant caractère de stratège, Bah Oury, le vice-président exclu de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) pourrait bien s’être naïvement laissé prendre dans un piège. C’est en tout cas un peu ce qui ressort de l’avis de bien d’observateurs au lendemain de la très désapprouvée mort de notre confère, El hadj Mohamed Diallo, au siège de l’UFDG. Même si l’intéressé lui-même impute la responsabilité du coup de feu mortel aux proches de Cellou Dalein Diallo, Bah Oury est toutefois perçu par de nombreux militants du parti comme celui dont l’attitude est le plus à blâmer.

Avant même la fin de l’enquête qui vient d’être enclenchée et l’éventuelle identification de l’auteur du coup de feu, quelques éléments déjà disponibles ne sont pas particulièrement favorables à la thèse de Bah Oury. En premier, il y a une interview qu’il a accordée à nos confères de Guineematin, le vendredi, quelques heures avant son départ de son domicile pour le siège de l’UFDG. Plutôt avisé, notre confrère lui demande que se passerait si l’accès du siège lui était interdit. Il répond : « Dans ce cas, seul Dieu sait ce qui pourrait se passer… ». Des propos que l’on commence à mettre en exergue comme le signe d’un acte prémédité. Ensuite, selon quelques témoignages réunis par la presse et sur la base des dispositions de la scène du crime, il est plus probable que le tir soit parti du camp favorable à Bah Oury. Car notre confrère qui a été touché à la poitrine faisait face  à ce camp.

Il n’en fallait pas pour que d’aucuns concluent que Bah Oury est celui qui a le plus de soucis à se faire dans cette regrettable crise. Car si sa responsabilité (et peut-être même) sa culpabilité venaient à être établies, cette fois, il n’aurait aucun argument. Par ailleurs honni  par la majorité du parti, il se retrouverait seul face à la justice. Ce qui lui laisserait alors très peu de temps pour savourer la grâce présidentielle au nom de laquelle il s’est employé à détruire l’UFDG. Sans le savoir donc et surtout en prêtant le flanc à l’égocentrisme et à la traitrise, il pourrait avoir créé et renforcé les conditions de sa condamnation qui, cette fois, ne devrait souffrir d’aucun doute. Sans oublier qu’il ne pourrait pas non plus profiter de la clémence de la presse.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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