Politique : Ousmane Gaoual Diallo dans le viseur de Me Cheick Sacko

Lors de son discours d’ouverture de la session budgétaire actuellement en cours, le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano avait flétrit certains députés dont, disait-il, les comportements sont déshonorants aussi bien pour eux-mêmes que pour l’institution à laquelle ils appartiennent. Beaucoup avaient alors image que le député uninominal de l’UFDG de Dixinn, Aboubacar Soumah, était le destinataire de cette pique. Eh bien, décidément, il n’était le seul qui a des soucis à se faire. En effet, instruit par le ministre de la justice, le président du parlement guinéen vient d’adresser une sorte de mise en demeure Ousmane Gaoual Diallo, par le biais de son groupe parlementaire.

Sans nécessairement révéler l’infraction dont ce dernier se serait rendu coupable, le ministre de la justice aurait écrit à Claude Kory Kondiano pour lui demander de rappeler le député à l’ordre. A son tour, le président de l’Assemblée nationale aurait saisi le groupe parlementaire des Libéraux Démocrates (celui du député en question, NDLR) en vue de la mise à disposition d’Ousmane Gaoual Diallo à la justice. Naturellement, les députés ufdgistes ne se sont pas exécutés.

Dans l’entourage du député, on interprète cette démarche de Me Cheick Sacko comme la preuve de son inféodation au régime en place.  Dans la mesure où il servirait ainsi de bras armé à ce dernier pour traquer ses adversaires. Car, selon des indiscrétions, les faits qui valent cette inimité à Ousmane Gaoual remonteraient en effet au mois de juin dernier. Intervenant sur une radio de la place, le député uninominal de Gaoual aurait appelé à une insurrection populaire pour faire partir le régime du président Alpha Condé. A l’époque, le RPG-arc-en-ciel, à travers sa Cellule de communication, avait sorti une déclaration pour fustiger les soi-disant propos. Par la même occasion, le parti au pouvoir avait  tenu à rappeler qu’en tout état de cause : « Proclamer publiquement le renversement d’un chef d’Etat démocratiquement élu et en exercice, est une atteinte grave à la sûreté de l’Etat. Ceci, ne rentre dans aucun cas de libertés reconnues aux citoyens, fut-il député, c’est plutôt commettre à ciel ouvert, une infraction pénale ». On a des raisons de penser que Me Cheick Sacko a bien compris le message.

Or, c’est d’autant plus dangereux que le RPG-arc-en-ciel n’en veut pas qu’à Ousmane Gaoual Diallo. Dans cette même déclaration remontant au mois de juin, Elie Kamano qui a failli se faire arrêter la dernière fois était mis à l’index. A cela s’ajoute la dernière sortie du parti présidentiel qui avait été largement consacrée à Dr. Faya Millimono. Autant d’indices qui laissent croire que c’est à la chasse aux voix discordantes qui est engagée. Avec comme motif supplémentaire d’inquiétude, le fait que le ministre de la justice se soit rangé dans le camp du RPG.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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