PONT DE KAKA : L’exemple des barrages à supprimer

Dans leur bras de fer avec les autorités guinéennes, les syndicalistes de la CNTG et de l’USTG demandent, outre la baisse du prix du carburant, l’amélioration de la grille salariale ou encore le réexamen du régime de la retraite, la suppression des barrages non conventionnels. Des barrages qui, disent-ils ne servent qu’à racketter les paisibles citoyens. Au vu, au su et avec la complicité des plus hauts dirigeants du pays.

A propos, le barrage aux environs du pont de Kaka, sur la nationale Coyah-Kindia est la parfaite illustration de la colère du mouvement syndical. Situé après le pont, il est devenu au fil des ans, un véritable centre des affaires. Sur un tronçon particulièrement rétrécit, les innombrables contrôles y provoquent des bouchons sur des kilomètres. Par ailleurs, les agents qui y officient, incarnation de l’indiscipline, de l’arrogance et de l’insolence qui caractérisent les forces armées guinéennes passent leurs journées à humilier les passagers, n’épargnant ni femmes, ni enfants, encore moins les personnes âgées. Quoi de plus normal quand on sait qu’il se saoule en longueur de journées

Ne se préoccupant pas de la cruciale question sécuritaire, ils ne vérifient que la détention des cartes d’identité nationale. Du coup, on peut y passer avec les produits les plus prohibés qui soient. Si par contre, on s’est préalablement assuré de disposer de la carte d’identité, on est assuré de passer. A défaut cependant, il faut juste savoir être large. Parce qu’en réalité, les agents ne sont pas véritablement des agents. Par la force des choses et de la culture de l’arnaque, ils sont devenus affairistes. A telle enseigne que pour tous les citoyens le savent. Quand on s’approche du barrage de Kaka et qu’on n’a pas sa carte d’identité, il faut apprêter 5000 GNF.

Pour un syndicaliste s’exprimant le mercredi soir sur les ondes d’une radio privée de la place, cette rançon est de plus en plus inacceptable quand on sait que désormais, c’est l’Etat qui se révèle incapable de fournir les cartes d’identité aux citoyens. Comment se fait-il, s’interroge-t-il en effet, que d’un côté les autorités nous disent qu’il n’y a pas de cartes et que de l’autre, on nous retire 5000 GNF pour non possession de la même carte ?

Il faut admettre que la question débouche sur l’absurde.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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