Pourquoi le Syli ne s’est pas qualifié à la CAN de 2010 ? Passarela brise le silence…

Novembre 2009. La Guinée est au ban des nations. Et pour cause: les ambitions réelles ou supposées du leader de la junte, capitaine Moussa Dadis Camara de  » confisquer » le pouvoir. Abandonné de tous, le jeune capitaine fonde son espoir sur l’équipe nationale en lice pour la qualification à la Coupe Afrique des Nations Angola 2010. Objectif: redorer son blason auprès de ses compatriotes.

Malheureusement, le Syli National, sous la houlette de Mamadi Souaré  » Passarella », échouera face aux Elephants de Côte d’ Ivoire de Didier Drogba qui ont mis brutalement un terme aux rêves et ambitions des Guinéens et du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Puis, les langues se délient. Sur la sellette, le coach Guinéen du Syli National est accusé d’avoir tenté de corrompre avec la somme de 100 000 dollars les Ivoiriens dans le but de permettre au Syli National de composter son ticket pour l’aventure angolaise.

Plus de 6 ans après les faits, Mamadi Souaré brise le silence, dit ses  » vérités », donne sa version des faits sur ce qui s’était véritablement passé du côté du stade  » Félix Houphouët Boigny » de la Côte d’ Ivoire. Eévidemment l’ancien défenseur du Syli National balaie les accusations du revers de la main et dénonce une campagne mensongère destinée à écorner son image.

«  Je ne suis jamais revenu sur ça parce que, je pensais que ce n’était pas la peine. Je n’arrive pas à comprendre comment et pourquoi on fabrique ces histoires. Je suis une simple victime dans cette affaire« , contre attaque, sur nouvelledeguinee, l’ancien entraîneur du Syli National.

Mamadi Souaré  » Passarela ajoute:  » j’ai été nommé comme entraîneur du Syli National. J’ai aussitôt décidé de trouver des partenaires. A l’époque, monsieur Antonio Souaré, n’était pas là, KPC n’était pas là, Mathurin n’était pas là, Bouba Sampil non plus. Donc, il fallait trouver au plus vite une solution pour aider le football guinéen pour que le football ne dépende plus financièrement du ministère, plutôt de ses différents sponsors à l’image de ce qui se passe dans les autres pays« .

 » J’ai sollicité des Chinois, poursuit Mamadi Souaré  » Passarela ». Ces derniers m’ont appelé, puis m’ont invité. Je suis arrivé la bas. Je suis passé les voir à Kuala Lampur où j’ai passé 4 jours. C’est Fodéba Isto Kéïra qui était ministre de la jeunesse et des sports à l’époque. Comme prévu, les autorités guinéennes ont invité, à leur tour, les partenaires chinois que j’avais contacté. Ils sont venus à Conakry. Ils débarquent à l’aéroport, personne pour les accueillir. Moi, je suis parti les chercher. Je les ai déposé à l’ hôtel. Par la suite, c’est le frère de Baby Kabassan qui a servi d’interprète entre les Chinois, qui parlent anglais, et les autorités guinéennes« .

Visiblement  » déçu » et  » touché » par ces accusations, Mamadi Souaré  » Passarella » révèle: «  à l’époque, c’est Mohamed qui était le chargé des équipes nationales à la Fédération Guinéenne de Football. Il vient me voir et dit: « Mamadi, si le football ne donne pas de suite à l’affaire des Chinois, est ce qu’on ne peut pas leur donner alors le marché du poisson ? Je lui ai dit que le marché du poisson n’est pas de mon domaine. Je lui ai dit que j’ai fait venir les Chinois dans le cadre exclusif du football. Si ce n’est pas dans le cadre du football, ils vont se retourner chez eux« .

«  A l’époque, le même Mohamed appelle Pascal Feinduno dans ma chambre et certains joueurs pour leur proposer une prime s’il remporte le match face à la Côte d’ Ivoire. Il s’engage à tripler les primes de match si les Guinéens gagnent. Tout est parti de là. Voilà. Maintenant, si on m’accuse de corruption, moi, je n’ai pas d’argent, je ne suis pas riche, je n’ai même pas les moyens pour ma famille. Je n’ai jamais été corrompu. C’est faux. Faux sur toute la ligne« , détaille l’ancien pensionnaire de la sélection nationale, Mamadi Souaré.

 » C’est faux et archi faux. Je n’ai jamais fait de la corruption. Moi, mon but, c’était de développer le football guinéen comme mon frère Antonio Souaré l’est en train de faire aujourd’hui. Mon but, c’était de me battre pour faire venir des gens qui ont les moyens et qui étaient capables d’investir beaucoup d’argent pour le développement de notre football. Je n’ai jamais été convoqué par la CAF ou la FIFA me signifiant que je suis corrompu. Jamais. Cela veut dire que je n’ai rien fait dans ce sens. D’ailleurs, on m’accuse de corruption sans la moindre preuve. C’est Mohamed Camara qui est derrière ces histoires. Il a voulu ma tête et salir mon image parce que j’ai refusé sa proposition. J’avais refusé. Il voulait qu’on donne aux Chinois le marché du poisson alors qu’ils sont en Guinée pour parler du sport, pour voir comment ils pourraient sponsoriser le Syli National« , se défend, sur nouvelledeguinee, l’ancien entraîneur du Syli National.

Et lui de conclure: «  je n’ai jamais jamais rien donné encore moins touché un centime.. Je n’ai jamais touché de l’argent. Je n’ai jamais donné de l’argent à qui que ce soit pour quoi que ce soit. C’est juste une campagne de haine parce que j’ai refusé de faire le jeu de Mohamed Camara de la FEGUIFOOT. J’avais fait venir les Chinois, non pas pour développer le marché du poisson, mais pour aider le Syli National. D’ailleurs, s’il y’avait de l’argent dans ce partenariat, c’est la Fédération qui allait en profiter. Pas moi. Je ne me suis jamais entretenu avec les Ivoiriens pour prendre de l’argent. ( …) Avant notre déplacement sur la Côte d’ Ivoire, Mohamed Camara a créé beaucoup de problèmes dans le but de m’affaiblir et de me mettre les bâtons dans les roues. J’avais déposé la liste des 22 joueurs que j’avais choisi pour les entraînements et le match d’ Abidjan. Sous l’influence de Mohamed Camara, aucun joueur n’est venu à Conakry, exceptés 9 joueurs. Les autres sont arrivés vendredi soir à Abidjan pour jouer samedi. Alors qu’on avait en face une grande équipe de Côte d’ Ivoire. Je n’avais pas les mains libres. J’ai fait choisi les joueurs avec ma conscience pour obtenir au moins un match nul. Malheureusement, Mohamed Camara et ses complices avaient leur plan. Ils ont fait l’équipe qu’ils voulaient, comme ils voulaient. Et, on a perdu. La faute, ce n’est pas à moi. On me fait porter une responsabilité trop lourde pour moi. Je suis juste un bouc-émissaire. Je me suis toujours battu pour la Guinée, d’abord en tant que joueur avec deux coupes  » Amilcar Cabral, dont une finale perdue, ensuite comme meilleur défenseur de la Guinée à l’époque. Donc, je vais toujours me battre pour que la Guinée aille de l’avant dans le domaine du football. Je vous rappelle que les Pascal Feinduno et les Oumar Kalabane ont joué dans mon club en Guinée avant de venir en Europe.Je ne vois pas pourquoi je serai contre le football guinéen jusqu’à lui faire du mal. J’ai été sali pour des choses que je n’ai jamais faites« .

Entraîneur d’un club dans le nord de la France, Mamadi Souaré envisage d’organiser un tournoi international pour des joueurs de moins de 15 ans courant mars. Il compte inviter les jeunes joueurs du Horoya AC. Histoire d’honorer la Guinée à ce rendez-vous.

Nous y reviendrons !

Par Mamadou Saliou Diallo

http://www.nouvelledeguinee.com

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