Pourquoi Macky, Buhari et même Ouattara, mais pas Condé ?

« C’est ma position. Je ne cherche pas l’apaisement avec Alpha Condé, (…), il n’a aucun respect pour moi, et je n’ai aucun respect pour lui. » Umaru Sissoko Emballo est en parfaite harmonie avec sa position d’hier. Il ne l’a pas changée à l’endroit d’Alpha Condé. C’est ainsi qu’il a invité Macky, Buhariet même Ouattara, en snobant Condé. Voici ce qui justifie ce choix chez les autres.

Avec Ouattara : il est connu de tous que Umaro Sissoco Embalo est manifestement contre les troisièmes mandats non prévus par la Constitution de la Guinée et de la Côte d’Ivoire. Il l’a fait savoir à qui de droit, car il a assimilé ce forcing à des coups d’Etats. Malgré tout, ADO a été invité, car, « Nous ne sommes pas des amis. Nous sommes des homologues. Mais je parle presque chaque jour avec son fils David. Lui, c’est mon ami », témoigne Embalo.

Avec Macky Sall : « C’était pendant les troubles en Guinée-Bissau. MackySall était alors ministre de l’Intérieur [d’août 2003 à avril 2004] et gérait certains dossiers liés à la Guinée-Bissau. À l’époque, j’étais moi-même ministre auprès du Premier ministre, chargé de la coopération. Je faisais la liaison entre Bissau et Dakar. Nous parlions la même langue, le peul. Il m’appelait « jeune frère », je lui répondais « grand frère ». C’est ainsi que s’est nouée notre relation. Avant l’assassinat du président Vieira, en 2009, la situation était tendue à Bissau et je suis venu habiter à Dakar chez MackySall. Sa femme, Marième, m’a dit qu’ils étaient désormais ma famille à Dakar. Je suis resté chez eux pendant trois ans. Mes liens avec MackySall, qui m’appelle toujours « Comandante », sont très forts.

Un jour, alors que j’étais au Sénégal, j’ai fait une grave crise de paludisme. Certains pensaient que j’allais mourir. Marième est restée avec moi pendant une semaine entière, du matin au soir. Je n’avais personne, ils étaient ma famille. Au fil du temps, leur maison est devenue une base pour tous les exilés bissau-guinéens ! Quand Malam Bacai Sanhá est décédé, en 2012 donc, je suis revenu à Dakar. Macky Sall et moi étions tous deux en disgrâce. Je l’ai présenté à Blaise Compaoré, je l’ai amené en Libye, et j’ai parlé de lui aux présidents Omar Bongo Ondimba et Denis Sassou Nguesso. J’étais à ses côtés quand il a créé son parti. Un jour, le président Abdoulaye Wade nous a d’ailleurs fait convoquer à la Division des investigations criminelles. Les autorités sénégalaises ont fait fermer mes comptes bancaires. »

Avec Buhari : « Buhari, c’est mon père. Je le connais depuis des années. Je l’ai rencontré au Burkina, mais pas par l’entremise de Blaise Compaoré. À l’époque, il dirigeait une association d’éleveurs fulanis. Quand je suis devenu chef du gouvernement, il a été le premier à m’avoir invité dans son pays. Il m’a envoyé un avion, il m’a reçu à son domicile – ce qui est très rare. Il m’a dit qu’il était fier de ce que j’avais accompli en tant que Premier ministre.

Après la proclamation des résultats de la présidentielle de la fin 2019, il m’a dit qu’il fallait immédiatement que j’aille voir Denis SassouNguesso, indépendamment de la façon dont il m’avait appuyé. Le président congolais est un homme que je respecte beaucoup. C’est l’une de mes références, comme l’était Nino Vieira. Je l’appelle « papa », explique USE dans un entretien accordé à JA.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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